zhu lin qi xian

BAC 2008

le 05/07/2008 à 16h24

Bonjour à tous et félicitations aux "chinois" de terminale pour votre bac (29 élèves dans la section chinois = 29 reçus du premier coup !) Les notes pour l'épreuve de chinois vont de 12 à 19. Bravo ! La nuit du 3 au 4 (jeudi à vendredi) j'ai rêvé que je descendais un escalier dans une sorte de château, et sur un palier, une porte était ouverte sur une classe lumineuse. J'ai entendu un lycéen m'appeler, il est sorti sur le palier, c'était A.F-L (terminale), qui me dit avec un grand sourire : "Monsieur P. ! On est tous reçus!"......


Je signale au passage que mon ordi fonctionne très très mal en ce moment et que de ce fait, et je ne suis pas sûr d'être très présent sur le blog.


Bonnes vacances en tous cas et encore bravo !

YIN YANG and THE CITY 8

le 02/07/2008 à 18h27

YIN YANG and THE CITY8


 


YIN YANG CAR


 

Voiture à l’arrêt, feu rouge. Feu vert, la voiture démarre, se met en mouvement. Du yin, on passe au yang… facile !

(pour la petite histoire : pendant la révolution culturelle, les gardes rouges d’une certaine ville de Chine avaient décrété que le rouge étant la couleur du " soleil levant du communisme sur la nouvelle Chine ", il était donc absurde de s’arrêter au rouge. Ils ont donc du jour au lendemain décidé d’inverser le code. Le nombre d’accidents qui se produisirent aussitôt fut tel qu’ils durent mettre un terme à leur délire !)

Faut-il dire que la voiture à l’arrêt est yin et celle qui roule yang ? Oui…mais maintenant on sait être plus subtil !

La voiture à l’arrêt n’est pas yin (pas de verbe être en chinois, je crois que je vous l’ai déjà dit !… je plaisante…) : l’immobilisation de la voiture c’est l’effet maximal du yin sur la voiture. La voiture yin n’est pas la voiture à l’arrêt mais la voiture qui freine ! C’est la manifestation suprême et dernière du yin qui, au terme de la décélération, immobilise le véhicule.

 

Une voiture arrêtée au feu rouge, en réalité " n’est pas yin ", elle est en phase de yang latent ! (yang mineur, jeune yang) : le moteur est en marche et le chauffeur, vous le savez, piaffe d’impatience ! Simplement le yang n’est pas encore manifesté : la voiture ne bouge pas, ne bouge pas encore…. Mais le yang, c’est sûr, est déjà entrain de monter.

Ici, la symbolique des couleurs n’est pas inintéressante. On démarre au feu vert, et le vert, dans la " Théorie des cinq phases " (Wuxingshuo 五行说) est la couleur de l’est, du printemps, du lever du soleil : le yang qui commence à se manifester, comme une voiture qui démarre ! Quant au rouge, la couleur du yang suprême, du yang parvenu au faîte, le soleil parvenu au zénith, midi, l’été : c’est bien le yang au bord de l’excès et qui va devoir se relâcher, comme le soleil commence à redescendre. Sur les compteurs de vitesse (tachymètre) des voitures, le trait correspondant aux " 50 km/h ", la vitesse maximale en ville, est rouge, tout comme la zone du compte-tours indiquant que le moteur tourne trop vite est rouge. Comme le feu rouge qui dit " Stop ! Vous ralentissez et vous vous arrêtez ! " On peut envisager ceci du point de vue coercitif : rouge, yang maximal, c’est un pouvoir (yang) qui s’impose à nous, nous nous y soumettons (yin).

La circulation automobile fourmille de manifestations des flux yin et yang.

Les touristes rapportent généralement que les chinois conduisent comme des tarés. Comme souvent, insuffisamment connaisseurs de la pensée chinoise, ils n’observent pas assez finement les choses et ils ont tout faux ! (Bon, je ne dis pas que les chauffeurs chinois sont des anges, il y a aussi pas mal d’accidents !)

J’ai déjà vu sur des autoroutes chinoises des voitures stoppées (pour téléphoner par exemple!!) sur la voie du milieu ou même celle la plus à gauche ! ! ! Que quelqu’un fasse ceci en France et il verra sa voiture volatilisée dans une effroyable collision dans les deux minutes qui suivent ! Mais les chinois peuvent faire ce genre de choses car eux, ils savent freiner, esquiver, se retirer, s’adapter… ils savent le YIN…

Je suis allé un jour à Simatai (une merveilleuse passe de la muraille) depuis Pékin, dans un autocar dont le chauffeur était particulièrement " pressé "… Il doublait sans cesse et pour ce faire, contraignait souvent les véhicules arrivant en face à freiner ou s’écarter sur le bas-côté. Mais il évaluait à chaque fois les " forces en présence " et s’il sentait que le véhicule venant en sens inverse était " plus fort " que lui, qu’il ne céderait pas, c’est lui ralentissait, se rabattait, voire s’esquivait sur la bas-côté. Et cela sans aucun soupir, ni juron, ni ces signes de dépit de la main qui caractérisent nos chauffards nationaux qui encombrent de leur agressivité nos routes nationales. Ce chauffeur était calme, chantonnait, riait avec son voisin… Sa conduite était un merveilleux exemple de cette perception de potentiels yin ou yang sur la route…

Dernier exemple pour aujourd’hui. Hier, dans Nancy, un homme, 55/60 ans environ, qui boitait, peut-être un peu bourré, s’engage sur la chaussée pour traverser en dehors du passage piéton. Je l'ai vu, j’ai freiné, et l’ai laissé passer. Le type s’est mis à rire, et il a crié en traversant : " Ah ben ! ! ! Si je m’attendais à celle-là ! ! ! ! " et il m’a salué….

Nous avons ici également une situation de mouvements verticaux. Il y est yin, à l’arrêt, fragile et soumis à mon mouvement. Mais il passe devant moi puisque je le laisse passer : il a réussi à bloquer mon avancement yang , il passe devant moi (donc, verticalement au-dessus de moi) et moi, je suis bloqué après avoir freiné, je suis en dessous de lui. Il est au dessus et il descend (yin) et moi en dessous et je monte (yang). Freiné, je passe du yang au yin et lui qui se met en marche passe du yin au yang, nous avons échangé nos attributs (thème fondamental de la hiérogamie dans la pensée et la cosmologie chinoises, on y viendra bientôt !) Il y a fusion, harmonie, c’est l’hexagramme tai.

Mais le même jour, j’ai aussi foncé en laissant une personne qui attendait pour traverser sans m’arrêter. Ici, c’est le contraire ! Yang, je monte, céleste et yang, et passe devant lui, le laissant derrière moi (NB : j’adore le caractère chinois qui veut dire " laisser derrière soi " : shuai ….) Il est en dessous et moi au-dessus, or il descend (yin) et moi je monte (yang) : il y a rupture, ça l’a peut-être rendu fâché, ou rendu triste, il s’est senti seul et puis moi aussi au fond, alors que nous aurions pu, si je m’étais arrêté pour le laisser passer, échanger un merveilleux sourire !

Vous n’apprendrez pas ceci dans vos leçons de code ! Mais vos verrez, c’est super d’y être attentif ! Vous remarquerez avec le temps que les capacités de réceptivité au yin sont variables selon les situations et les chauffeurs. Sans tomber dans le cliché, je trouve tout de même que les véhicules les moins disposés à céder au yin sont les 4x4 " suv " (BM surtout), les personnes âgées… alors que les plus disposés sont…les auto-écoles !… C’est vous ! ! ! ! Gardez cela…..

 

ECHOS SUR LE SPECTACLE DU 9 JUIN

le 02/07/2008 à 17h31

Echos sur la soirée du 9 juin à la salle polyvalente


(Pour les "acteurs" de la soirée)


Vous savez l'enthousiasme que votre prestation du lundi 9 juin a suscité chez beaucoup de gens, comme Mr le proviseur notamment.


Quant à monsieur Clausse (j'espère que ça s'écrit comme ceci !), il m'a déclaré avoir adoré cette soirée, que tous vos propos étaient clairs et passionnants, qu'il a appris de vous beaucoup de choses sur la Chine et le chinois !


Ces jours-ci, j'ai parlé avec un collègue institeur qui est la mari de cette journaliste de Radio France bleu sud-Lorraine présente ce soir-là, et qui a également assisté à votre prestation. Il m'a dit que vous portiez une culture à bout de bras, que vous étiez convaincants et remarquables, que vous étiez de toute évidence "portés par quelque chose" et quelque chose de fort ! Une classe superbe, etc...


Enfin, une élève de terminale m'a envoyé un mail pour me parler de choses et d'autres et notamment de cette soirée à laquelle elle a assisté. Elle m'écrit : "Je ne connaissais pas les élèves de seconde et première chinois" et qu'elle était ravie de vous voir si enthousiastes et passionnés, qu'elle reconnaissait sa classe à travers vous, et que c'était merveilleux de voir combien "des personnes pouvaient être transfigurées par le simple fait de parler et s'approprier une langue"...


Encore bravo à tous !

info rapide

le 01/07/2008 à 09h11

Petite info en passant : le mois de juin, vous avez effectué 707 visites sur le blog, sachant que pour une raison mystérieuse, les visites du 26 juin n'ont pas été comptabilisées (panne du serveur?) ce qui aurait donc donné environ 730 visites à peu près ! Le 12 juin ...39 visites, record absolu !


Rappel : les articles sont vites perdus dans les abysses... Je rappelle "aimer-détester" et ce que HLY appelle un "jeu-article", genre "portrait chinois" avec le thème j'aime/j'aime pas. ça a commencé sur les chapeaux de roues, (article qui a suscité le plus grand nombre de commentaires à ce jour) super !... puis plus rien.... Alors, si le coeur vous en dit, lâchez-vous, on pourrait en faire un livre..........


A bientôt...

YIN YANG and THE CITY 7

le 29/06/2008 à 23h15

YIN YANG BLOG

 


Un jour, Ma Yuwang a laissé un comm’ sur le blog : " Ce n’est pas parce qu’on ne laisse pas de commentaires sur le blog qu’on ne le lit pas. "

D’ailleurs on peut remarquer que la série Yin yang ne suscite pas une masse de commentaires, c’est un euphémisme !

Ceci est un exemple du yang mineur, le jeune yang, non encore manifesté.

J’écris, je publie, je suis créatif : c’est yang. Vous lisez, vous êtes réceptifs ; c’est yin.

Lorsque vous postez un commentaire, cela se passe toujours en deux temps.

1 – Vous lisez : yin. Puis cela vous inspire : c’est la fécondation par le yang. C’est le ciel qui féconde la terre (d’ailleurs les astrophysiciens ont récemment ajouté du " jus " à cette idée : ce sont des météorites qui ont apporté l’ADN sur la terre !)

2 – Puis vient l’inspiration : " aspiration ", c’est bien un mouvement vers le haut, vers le ciel, ça monte, c’est yang. Au début, ça n’est pas manifeste. C’est encore retenu dans votre tête, à l’intérieur, dans la terre. Si cela monte suffisamment, cela devient manifeste : vous écrivez et postez, actifs : yang majeur, manifesté.

Si vous n’écrivez as, vous vous retenez (yin) tout simplement. Le yin reste assez massif mais le yang n’en est pas moins inexistant pour autant. Cela reste dans la terre, en vous, c’est latent, vous n’écrivez pas maintenant, c’est tout ! C’est ce que dit Ma Yuwang…

Ces articles sur yin et yang. Peut-être vous paraissent-ils obscurs ? C’est une qualité de yin : obscur comme contraire à lumineux, mais aussi obscur comme " trouble, opaque, difficile à discerner ".

Les articles qui suscitent vos commentaires sont clairs (yang) à vos yeux. Et vous êtes en écho avec cet aspect lumineux de yang : vous écrivez. C’est opportun.

Si un texte vous paraît obscur, cette masse de yin enserre encore trop votre yang : vous n’écrivez pas. Vous êtes en harmonie, parce que vous sentez que ici, le yang n’est pas opportun !

C’est ainsi que les personnes et les musiques que nous préférons ne sont jamais celles que nous préférions au début. Au contraire, ce sont celles qui nous laissaient indifférents au départ. (" Une grande passion ressemble à de l’indifférence… ")

Vers le 20 décembre 1975, au lycée, un copain m’avait emmené à l’internat pour me faire écouter " Aqua " de Edgar Fröse… ce ne fut rien d’un coup de foudre ! J’écoutais ces sons électroniques, bruitistes et sans mélodie ni rythme apparent. C’était si obscur (yin) ! Mais c’est évident, si je ne ressentais aucun enthousiasme (yang) c’est parce qu’il n’était pas encore manifeste et il le devint ! La musique électronique devint une vraie passion !

C’est un peu comme les cristaux : plus ils refroidissent lentement, plus ils sont beaux !

Plus vous passez de temps à apprendre quelque chose, plus ce sera beau au final !

La lenteur est précieuse. Elle contient la latence. Le jeune yang.

La lenteur de cette scène où Lady Lyndon et Redmond Barry s’observent, sans un mot, à table…

La lenteur des pas et le silence sur le pont rouge dans " Sur la route de Madison "

Mozart et Stockhausen partagent quelque chose : ils composent en rêvant….

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