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zhu lin qi xian

BLOG NEWS

le 27/06/2006 à 22h39

 (Photo F.Pauchot, Noël 2011, Montoire, Loir et Cher)

             竹林七贤    

 

       ZHULINQIXIAN,

le blog des "BARBARES CUITS"....

(Qu'est-ce qu'un "barbare cuit" ? Voir dans la catégorie ZA, page 2)

 

 

Textes de F.pauchot (sauf mentions contraires)

Sauf indication contraire, toutes les photographies, ainsi que les traitements numériques, dessins ou illustrations de ce blog sont de FP bsf

 

 

 

新年快乐!

BONNE ANNEE 2012 !

CATEGORIE "NOUVEL AN" pour entrer dans 2012...

 

UN CONCOURS DE DESSIN SUR LE THEME DE L'ECRITURE CHINOISE EST ORGANISE POUR LES ELEVES DE CHINOIS EN COLLEGE ET LYCEE : Pour plus d'informations lire "concours de dessin" dans la catégorie "informations en direct" sur le blog Adochine...

 

Textes de F.pauchot (sauf mentions contraires)

Sauf indication contraire, toutes les photographies, ainsi que les traitements numériques, dessins ou illustrations de ce blog sont de FP bsf

 

VOYAGE à PEKIN,

TERMINALES CHOP'

TOUSSAINT 2011 : VOIR SUR le BLOG ADOCHINE.BLOXODE.COM

 

 

 

 

 

 

Nouvelles séries :

Rajasthan BW

Portraits en Inde....

 

LA PROMENADE A DAZHAI

(Eloge de la courbe)

 

 

 


 

 


 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

 

Catégories :

 

ecriture : conseillée aux débutants. La série "des caractères de caractères" explique le sens des caractères chinois que nous apprenons...

Za : = divers....

LEI FENG : Traduction du "Journal de Lei Feng"

....

LA PROMESSE DU JARDIN : Photos de BSF extraites d'une conférence sur les jardins chinois. Le lieu de la fusion avec la nature, et l'art comme fusion de l'humain avec le monde,...

 

POESIE : Pour entrer dans le monde étrange et merveilleux, divinatoire et graphique, des poèmes chinois ; des poèmes comme des lignes au creux de la main ; lire à travers la brume, le papier de soie, l'opalescence de la porcelaine...

PHILO :  Là où Confucius et Laozi posent leur marque. Introduction brouillonne à la pensée chinoise, par articles courts... Pensée qui irradie sur tout ce blog, évidemment...

ECRITURE : Découvrir les caractères chinois tels qu'ils sont vraiment : des emblèmes, les talismans de la langue des devins...

 

ASIA : Textes divers sur l'Inde, le Vietnam...

 

emo-dao : l'âme chinoise, la pensée chinoise, LE TAOÏSME, vus au quotidien, parfois même au travers d'un look.... (série en devenir)

 

YIN YANG everyday : Yin/yang d'un point de vue quotidien... Ce n'est pas une théorie, c'est la VIE, tout simplement.....

 

YIN YANG for everybody : Yin yang vu du côté symbolique ; "Yin/yang c'est quoi?"..........

 

HISTOIRES TRADUITES : Nouvelles et histoires diverses dans la presse chinoise, traduites en français  par BSF.

HISTOIRES VECUES : Comme son nom l'indique...

 

RAIN : photos de la Chine sous la pluie. Sans râler ! En Inde, en Chine, on aime la pluie, l'eau qui féconde la terre... Les chinois avaient eu l'intuition, il y a 4000 ans peut-être, que la vie venait du ciel, qu'elle vient de l'espace : les astrophysiciens  contemporains l'ont confirmé !

 

SHANGRI-LALALA : A la recherche d'un monde imaginaire au-delà des crètes himalayennes, une société matriarcale perdue, un monde à recréer... cette série ne fait que commencer. beaucoup^de textes sont en cours, à venir bientôt....

 

 Autres blogs sinophiles de FP bsf :

  http://adochine.bloxode.com 

              http://sinoblog.over-blog.com

 

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Une culture à portée de main...

Une conversation entre Jean Audouze, astrophysicien, Michel Cassé, astrophysicien également, et Jean-Claude Carrière, scénariste, cinéaste et romancier. C'est extrait de leur livre « Conversations sur l'invisible », collection Belfond sciences, Paris, 1988 :


 

« J.A. : - Quelque fois j'ai l'impression que nous ne faisons que redire.

JCC : - Mais il faut redire (redisons-le) car tout s'oublie. Rien n'est jamais dit une fois pour toutes. Je crois même qu'on oublie plus vite qu'avant. On oublie de plus en plus vite. La télévision par exemple, où une information, où une image mange l'autre, est une fantastique machine à oublier.

MC : - On oublie à l'instant même où l'on voit.

JA : - Avec quelques exceptions tout de même. Je n'oublierai jamais Georges Dumézil tel que Bernard Pivot nous a permis de le voir, de l'entendre.

JCC : - En regardant avec passivité la télévision, comme tout le monde, je pense quelque fois à une des formules brillantes de Valéry, la multiplication des seuls.

MC : - Les temps difficiles précipitent les gens dans les abris.. Et il y a des abris de la pensée.

JA : - On mesure à ce moment-là le privilège de posséder, si limité soit-il, un territoire de connaissance. Il y a tant de gens qui ne savent rien, qui n'ont plus aucune technique, ni agricole, ni artisanale, et qui ne font que suivre les opinions et les gestes des autres.

MC : - Ce sont ces gens-là, malheureusement, qui est général haussent le ton. Ils ont des opinions sur tout et ils affirment tout savoir. Alors que la véritable connaissance, qui conduit nécessairement à l'humilité, est celle qui permet de dire : « Je ne connais pas cela. »

JA : - Oui. Seuls ceux qui connaissent quelque chose peuvent dire qu'ils ne connaissent pas autre chose.

JCC : - Dans le poème original du Mahabharata, un très beau passage nous dit que les hommes se plaignent souvent de leur condition, de la faiblesse de leur corps ou de leur mauvaise santé. Mais aucun homme, jamais, ne se plaint de son esprit. Chacun pense et affirme que son jugement est le meilleur du monde. »


 

Dans ces pages, vous avez accès à la culture chinoise, à une connaissance étrangère et très ancienne, particulièrement pertinente encore aujourd'hui... Cette culture ne résout pas tout mais elle ouvre les portes que l'occident a fermées depuis longtemps.

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竹林七贤

  Zhulin qi xian.... Zhu (2° ton) c'est :le bambou. Lin (2° ton également) vous connaissez : les deux arbres l'un à côté de l'autre : la forêt. Qi (premier ton) : vous connaissez aussi : c'est le chiffre 7. Xian (encore un 2° ton) : c'est sage, vertueux. Zhulin qi xian : "Les sept sages de la forêt de bambous" (Pourquoi pas de "de" ni de spécificatifs ? parce que c'est un titre fort ancien, et que ni "de", ni les spécificatifs n'existaient à cette époque !)


 

    "Les sept sages de la forêt de bambous" est un cénacle qui vécut au 3° siècle de notre ère, à la période "des trois royaumes", sur les ruines fumantes de la grande dynastie des Han, effondrée en 220 de notre ère. Certains sinologues pensent que les 7 membres de cette confrérie ne se sont en fait jamais rencontrés, qu'il s'agit seulement d'un mythe historique (sans douter de la valeur de ce mythe). D'autres sinologues pensent que, peut-être, ils se sont rencontrés au moins quelques fois. Enfin, les derniers ne mettent pas en doute qu'ils formèrent effectivement un club bien vivant. Quoiqu'il en soit, en ce qui nous concerne nous, anonymes nancéens passionnés de chine, ...rien ne nous empêche bien sûr de rêver et d'y croire : moi-même, j'y crois, comme on croit en un rêve.


 

    Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit de personnes bien réelles (Xi Kang, Ruan Ji, Wang rong, etc...), poètes, musiciens, peintres, philosophes et libertins, qui incarnent la réaction d'opposition au ritualisme autoritaire de la société chinoise confucéenne. La "forêt de bambous" était un lieu où ils aimaient se rencontrer et qui symbolise la rupture avec la société qui venait de s'effondrer, un retour à la nature, la sagesse qui découle de son observation méticuleuse et aussi, forcément poétique. Ils pratiquaient les QING TAN, (les conversations pures), la poésie, la musique avec la cithare Qin, ...et les beuveries.... Ils étaient en rupture avec la pression sociale trop formelle et rigide. Ils représentent depuis toujours une réaction taoïste de retrait créatif et individuel, anticonformaiste, poétique et rêveur, qui a endendré la plus belle poésie chinoise (celle des Tang, 8° siècle), la peinture de paysage (Shan-shui : "Montagne et eau"), l'art des jardins chinois ( le jardins de Suzhou...) et une sagesse incomparable.


 

 

 

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sad story

le 16/07/2006 à 22h07

Une triste anecdote que j'ai vécue en Chine...


 


Lors d'une de mes pérégrinations interminables dans les ruelles de Pékin, les hutong, j'ai lu un jour sur une de ces banderoles rouges que l'on voit souvent en Chine dans les villes, portant quelque slogan du gouvernement, la phrase suivante : "La police et la population assurent conjointement la paix et la sécurité". Il s'agit là de la survivance d'une vieille tradition chinoise, la "responsabilité collective" : il y a longtemps, un système de lois rendait chaque groupe social responsable collectivement des crimes et délits commis au sein de ce groupe. Si par exemple, un meurtre avait été commis, outre le criminel, sa famille, ses voisins, et autres personnes du village étaient punis également. Ce système était en vigueur dans les camps de concentration nazis (sans pour autant que la moindre loi y soit édictée puisque c'était là le règne de la barbarie la plus atroce...) c'est vous dire ! Un soir,  dans la belle ville de Suzhou, il m'a été donné de voir ce principe à l'oeuvre....


 


Ma famille et moi logions dans l'hôtel d'un campus universitaire. En sortant de celui-ci, nous traversions un jardin et arrivions à la sortie du campus, passions la grille et partions, après avoir franchi un de ces innombrables canaux de la ville, le long des rues. Un soir, à la tombée de la nuit, nous sommes sortis pour aller déguster des jiaozi (raviolis) dans un restaurant tout proche. Lorsque nous sommes arrivés à la sortie du campus, la grille était fermée et d'autres personnes attendaient. J'ai demandé à un gardien ce qui se passait, et il m'a répondu qu'un cambrioleur avait été repéré sur le campus et qu'il fallait le bloquer... Bon... attendons.... Une Volskswagen Santana noire est arrivée (ces voitures, disparues d'Europe depuis belle lurette, sont encore en production en Chine, et celles qui sont noires avec des vitres teintées sont généralement celles de personnalités officielles importantes...) Alors là, bien sûr, les gardiens ont fait un effort, ils ont brièvement ouvert la grille roulante pour permettre à celui qui est peut-être le directeur de cette université de partir. Tout le monde en a profité pour passer... La grille s'est refermée sur notre dos... Nous avancions sur le petit pont qui enjambe le canal quand soudain nous avons entendu des cris mâles surgir dans notre dos. Nous nous sommes retournés, et, sur les plates bandes fleuries du jardin à l'entrée du campus, nous avons vu courir un homme, comme un dératé, poursuivi par d'autres hommes criards ... c'était ce fameux cambrioleur ! L'homme a aperçu qu'il restait un espace de 50 centimètres entre la grille et le mur... son seul espoir de salut. Les poursuivants ont hurlé, le gardien et ses collègues ont couru intercepter le fuyard qui réussit à engager son corps dans la fente, ils l'ont saisi par les jambes alors qu'il était presque tiré d'affaire, l'ont tiré avec force vers l'intérieur, sans ménagement. L'homme est tombé et s'est cogné fortement la tête sur le sol. Le concierge, ses acolytes et les poursuivants se sont jetés sur lui et l'on roué de coups sur tout le corps, le sang jaillissait de son visage, et ils frappaient, frappaient jusqu'à ce que l'homme fût assommé... Je regardais cela, médusé, ma femme me disait "mais ne regarde pas ça, partons, il ne faut pas que les enfants voient ça!"... c'était trop tard..ils avaient vu....


 


Alors que nous marchions vers notre restaurant, nous avons entendu la sirène des policiers qui arrivaient. Leur travail mâché par de simples quidam.....


 


 

aimer la chine

le 27/07/2006 à 17h51

La porcelaine. Si fine que la lumière passe à travers. Comme un bol de brume qui retient un secret, un mystère qui n'est pas ici...


 


Une amie, que j'ai rencontrée en Chine, 33 ans aujourd'hui, m'a confié un jour que son attirance pour la Chine lui était venue lors de son enfance, avec les tasses de porcelaine chinoise de sa grand-mère. Elle était fascinée par cette opalescence, cette lumière douce et floue qui venait forcément d'ailleurs. Un mystère qui vient pourfendre ce monde trop brutal qui prétend tout expliquer de nous.


 


Les raisons qui nous poussent à aimer la Chine sont aussi différentes que nous sommes tous différents. L'une d'entre vous m'a confié qu'elle avait pris l'option chinois parce c'était une opportunité nouvelle, et notamment celle de quitter son village. Quelq'un m'a dit un jour avoir fait des études de chinois pour le seul motif de quitter sa provinciale ville de Nevers... Aujourd(hui, cette personne vit et traveille en chine....  C'est un "lâcher-prise", un oui à autre chose, sans projet bien défini, mais où l'on a simplement confiance en l'avenir, en un devenir, c'est s'abandonner au courant d'un fleuve plus puissant que nous-mêmes, et que le profil standard dans lequel "on" voudrait nous conformer.


 


Voici l'histoire de Solenne, de Mérignac, banlieue de Bordeaux.  Je l'ai rencontrée en juillet 2001, dans la hall "arrivées internationales" de l'aéroport de Pékin. Elle avait 21 ans à l'époque. Nous venions de passer la nuit dans l'avion, pour passer un mois de stage de chinois dans une funiversité de Pékin. Un groupe d'une quarantaine de personnes environ. Hormis les deux organisateurs, je ne connaissais personne. Solenne non plus. Elle restait seule, accrochée à sa volumineuse valise, alors que le reste des stagiaires formait des groupes épars et volubiles. Il y a toujours beaucoup de gens assez peu modestes, qui ont "tout vu tout fait", qui parlent fort et se donnent l'air d'être aussi à l'aise à Pékin qu'à Montargis.


 


Elle, timide et pâle, détournait d'eux son regard inquiet (le soleil éblouissant) et me regardait, moi qui ne disais rien (les lumières opalescentes). Elle s'est approchée et m'a dit : "Monsieur, vous faites partie du groupe?  S'il vous plait, je dois absolument téléphoner à mes parents.. Je ne sais pas comment faire, et je n'ai pas d'argent chinois..." Je lui ai dit : "Mais vous savez qu'il est quatre heures du matin en France ?!" Elle m'a dit oui, mais qu'à toute heure de la nuit, elle pouvait appeler ses parents. Alors je l'ai emmenée dans une boutique de l'aérogare, je lui ai avancé 100 yuans pour acheter une carte 201 (carte de crédit prépayé), puis nous sommes allés à une cabine, je lui ai montré comment sélectionner la langue, puis comment entrer l'interminable série de chiffres, puis le code secret. Elle a composé son numéro, le combiné collé à son visage... Une grande inspiration, "Maman !!! C'est moi !!! Oui, je suis arivée, je suis à Pékin, tout s'est bien passé., l'avion ne s'est pas écrasé.."etc.... Elle a raccroché, le visage enfin détendu. Elle m'a souri.


 


Solenne, c'est une énigme... Elle m'a appris plus tard qu'elle venait de passer une licence de chinois... Et que c'était là son premier voyage en Chine !!! Sa valise était pleine de médicaments... En fait, elle avait peur de venir en chine ! Comme ma fille, qui est venue pour la première fois à l'âge de 11 ans : la première nuit...elle a fait du somnanbulisme ! Le stress ! Comme le dit un lama tibétain, Péma Chödron : "D'habitude nous pensons que les gens courageux n'ont peur de rien. En fait, ils sont intimes avec la peur." Lorsque j'ai proposé à Solenne, parmi d'autres, de venir passer une nuit à la belle étoile sur un tronçon en ruine et désert de la muraille de Chine (ce qui est dangereux et interdit), elle a dit oui, malgré sa peur. Une fille discrète et "de bonne famille", qui a dit oui et est venue vivre cette expérience... Ces filles ont un courage qui devrait faire réfléchir tous ces "m'as-tu-vu" qui ont "tout vu tout fait"... des centres commerciaux et des restaurants huppés de Pékin ou shanghai...


 


Un soir, je rentrais d'une virée en vélo dans le centre de pékin, et, dans le hall d'entrée de la cité universitaire, j'ai vu plusieurs stagiaires, des jeunes, vautrés dans les fauteuils, à  boire bière et alcool de riz.... Ils m'ont invité, je suis venu sans me faire prier. Parmi eux, il y avait Solenne... Manifestement, elle a attendu que tout le monde parte se coucher pour rester avec moi, je le sentais, alors moi aussi je suis resté. Vers 23 h 30, nous étions tous les deux à bavarder. A minuit, le gardien nous a renvoyés dans nos chambres. Dans ma chambre, nous avons bu du café et elle m'a raconté....


 


Quand elle avait 11 ou 12 ans, elle a commencé de rédiger un journal intime. Un jour où elle était au collège, sa mère est entrée dans sa chambre pour faire la ménage. Fortuitement, elle a découvert le journal intime de Solenne... On imagine la scène : elle s'assoit sur le lit et entame en silence la lecture voleuse.... Puis remet le journal en place... ainsi chaque semaine. Quelques années plus tard, à l'occasion d'une fête en famille, la mère, -peut-être avait-elle trop bu de champagne-, lui a tout avoué. Peut-être pour faire amie-amie, "je connais tes peines ma chérie".... Solenne s'est levée, est partie en courant s'enfermer dans sa chambre pour pleurer une nuit entière sur son lit trempé....


 


Il n'y avait plus rien à faire. En chinois on dit "fu shui nan shou" : "L'eau tombée à terre ne peut plus se ramasser" Mais elle se jura de trouver le moyen pour que personne ne puisse lire son journal, la cachette idéale... Un reportage à la télévision sur la Chine..... Solenne avait trouvé : elle allait apprendre la chinois !

poème tang

le 17/09/2006 à 22h12

Un poème de LI Bai


Complainte des degrés de jade


Les degrés de jade se sont couverts de rosée blanche.


Leur froid pénètre mes bas de soie. la nuit s'achève.


Je déroule alors mon store de perles de cristal.


A travers l'écran diaphane, je contemple la lune d'automne.

mythologie et cosmologie chinoises

le 28/10/2006 à 21h06

Tout au début de la civilisation chinoise, dynastie Xia (13° au 16° siècle avant JC, si tant est que cette dynastie existât vraiment), dynastie Shang (ou Yin) 16° au 11° siècle avant JC, le monde était représenté comme ceci :


 

La terre, carrée (yin), et le ciel, rond (yang) au dessus. La tortue symbolisait déjà l'univers avec son plastron, plat et de forme presque carrée (c'est sur cet os que les chinois ont commencé d'écrire, vers la fin de la dynastie Shang) et sa carapace, ronde. De même, les chars, tirés par les chevaux, avaient une forme carrée et étaient couverts par un dais (parasol) de forme ronde.


 

Si l'on superpose un rond sur un carré, les quatre coins du carré ne se trouvent pas sous le rond : c'est pourquoi les chinois désignent le monde par l'expression "tian xia" (sous le ciel... ), et par la même, leur civilisation, car le reste du monde n'etait pas "sous le ciel", et aux quatre coins, on trouvait des barbares aux formes et dimensions étranges.


 

Le ciel, au dessus de la terre, était rond et composé de neuf étages : les 9 ciels. Les neuf ciels superposés communiquaient par des portes gardées par des démons. Au 9° étage vivait le Shang di (le seigneur d'en haut), dans la grande Ourse et qui, plus tard, fut "déménagé" dans l'étoile polaire. Les 9 ciels reposaient sur 8 piliers placés au nord, au nord-est, à l'est, au sud-est, au sud, au sud-ouest, à l'ouest et au nord-ouest.


 

Un jour, le pilier nord-ouest s'est effondré. Conséquence : le ciel s'affaissa et s'inclina dans cette direction. Et le terre, allégée, sans avoir à supporter le poids du ciel en cet endroit, se souleva. C'est pourquoi le soleil "glisse" d'est en ouest, car le ciel était donc penché dans cette direction, et que le fleuve jaune (et les autres fleuves) coulent vers l'est, car la terre étant relevée vers le nord-ouest, elle penchait donc vers l'est. Vous voyez : même la géographie est poétique en Chine.


 

8 piliers, comme le "gâteau aux huit trésors" (gâteau de riz confit avec huit fruits, un délice), les huit trigrammes, les huit immortels, etc...


 

Cette histoire de pilier qui s'effondre, et le ciel qui descend vers la terre, et la terre qui monte vers le ciel, fait penser à un hexagramme du "zhou yi", le livre des Mutations, l'hexagramme FU RONG... (suite plus tard)