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zhu lin qi xian

BLOG NEWS

le 27/06/2006 à 22h39

ZHULINQIXIAN,

le blog des "barbares cuits"....

(Qu'est-ce qu'un "barbare cuit" ? Voir dans la catégorie ZA, page 2)

 

 

photo F.Pauchot bsf. ... Retrouvez Wang Xin et Zhou Jing dans "Wang Xin au bord du lac de l'ouest" (catégorie "Histoires vécues")

 

 

 

(précision technique : on peut agrandir les photos en cliquant tout simplement dessus)

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ZHULINQIXIAN : Un blog avec beaucoup de textes et peu de photos...

Un blog avec beaucoup de photos et des textes courts c'est : fuyou5441 (voir plus bas)

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Autres blogs sinophiles de FP bsf :

  http://adochine.bloxode.com 

              http://sinoblog.over-blog.com

 

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Une nouvelle catégorie :

LEI FENG

Il s'agit de la traduction par F. "bsf" Pauchot du "Journal de LEI Feng".

Lei Feng était un soldat communiste chinois, décédé dans un accident en 1962 à l'âge de 22 ans. C'était une sorte de Stakhanov chinois, toujours prêt à se sacrifier pour la cause du peuple. On découvrit son journal après sa mort et il fut publié à grand renfort de "publicité". Devenu un modèle, Lei Feng a même sa "journée Lei feng", tous les ans le 5 mars.

Mais on murmure en Europe que ce journal est un faux qui aurait été rédigé par les services de propagande de Mao ! ... Qui croire? Qu'importe, en Chine la frontière entre "le vrai et le faux" n'a pas la même valeur exclusive que chez nous. On peut trouver des choses plutôt intéressantes dans ce journal pourtant excessivement laudatif, idolâtre et répétitif...

Il n'est pas encore présenté ici dans son intégralité. Cela viendra....

A ma connaissance, il n'a jamais encore été traduit en français, mais je n'en suis pas sûr. Ce serait donc une exclusivité de ZHULINQIXIAN !?

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Nouveaux articles sur l'écriture chinoise : "Des caractères de caractère" dans la catégorie "ECRITURE"

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now on line : a new series about yin-yanG :

"yin yang for everybody"

( la série est ouverte !)

 

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 Nouvelles photos dans : "photos"  et

"La promesse du jardin..."

 

 

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Une culture à portée de main...

Une conversation entre Jean Audouze, astrophysicien, Michel Cassé, astrophysicien également, et Jean-Claude Carrière, scénariste, cinéaste et romancier. C'est extrait de leur livre « Conversations sur l'invisible », collection Belfond sciences, Paris, 1988 :


 

« J.A. : - Quelque fois j'ai l'impression que nous ne faisons que redire.

JCC : - Mais il faut redire (redisons-le) car tout s'oublie. Rien n'est jamais dit une fois pour toutes. Je crois même qu'on oublie plus vite qu'avant. On oublie de plus en plus vite. La télévision par exemple, où une information, où une image mange l'autre, est une fantastique machine à oublier.

MC : - On oublie à l'instant même où l'on voit.

JA : - Avec quelques exceptions tout de même. Je n'oublierai jamais Georges Dumézil tel que Bernard Pivot nous a permis de le voir, de l'entendre.

JCC : - En regardant avec passivité la télévision, comme tout le monde, je pense quelque fois à une des formules brillantes de Valéry, la multiplication des seuls.

MC : - Les temps difficiles précipitent les gens dans les abris.. Et il y a des abris de la pensée.

JA : - On mesure à ce moment-là le privilège de posséder, si limité soit-il, un territoire de connaissance. Il y a tant de gens qui ne savent rien, qui n'ont plus aucune technique, ni agricole, ni artisanale, et qui ne font que suivre les opinions et les gestes des autres.

MC : - Ce sont ces gens-là, malheureusement, qui est général haussent le ton. Ils ont des opinions sur tout et ils affirment tout savoir. Alors que la véritable connaissance, qui conduit nécessairement à l'humilité, est celle qui permet de dire : « Je ne connais pas cela. »

JA : - Oui. Seuls ceux qui connaissent quelque chose peuvent dire qu'ils ne connaissent pas autre chose.

JCC : - Dans le poème original du Mahabharata, un très beau passage nous dit que les hommes se plaignent souvent de leur condition, de la faiblesse de leur corps ou de leur mauvaise santé. Mais aucun homme, jamais, ne se plaint de son esprit. Chacun pense et affirme que son jugement est le meilleur du monde. »


 

Dans ces pages, vous avez accès à la culture chinoise, à une connaissance étrangère et très ancienne, particulièrement pertinente encore aujourd'hui... Cette culture ne résout pas tout mais elle ouvre les portes que l'occident a fermées depuis longtemps.

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RAIN (CHINA),  

a series of pictures by BSF-FP

RV catégorie RAIN

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VOIR LA CHINE :

night china, huanyin, easy rider :

 

 

3 series of pictures by FP bsf

go to : http://fuyou5441.skyrock.com

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竹林七贤

  Zhulin qi xian.... Zhu (2° ton) c'est :le bambou. Lin (2° ton également) vous connaissez : les deux arbres l'un à côté de l'autre : la forêt. Qi (premier ton) : vous connaissez aussi : c'est le chiffre 7. Xian (encore un 2° ton) : c'est sage, vertueux. Zhulin qi xian : "Les sept sages de la forêt de bambous" (Pourquoi pas de "de" ni de spécificatifs ? parce que c'est un titre fort ancien, et que ni "de", ni les spécificatifs n'existaient à cette époque !)


 

    "Les sept sages de la forêt de bambous" est un cénacle qui vécut au 3° siècle de notre ère, à la période "des trois royaumes", sur les ruines fumantes de la grande dynastie des Han, effondrée en 220 de notre ère. Certains sinologues pensent que les 7 membres de cette confrérie ne se sont en fait jamais rencontrés, qu'il s'agit seulement d'un mythe historique (sans douter de la valeur de ce mythe). D'autres sinologues pensent que, peut-être, ils se sont rencontrés au moins quelques fois. Enfin, les derniers ne mettent pas en doute qu'ils formèrent effectivement un club bien vivant. Quoiqu'il en soit, en ce qui nous concerne nous, anonymes nancéens passionnés de chine, ...rien ne nous empêche bien sûr de rêver et d'y croire : moi-même, j'y crois, comme on croit en un rêve.


 

    Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit de personnes bien réelles (Xi Kang, Ruan Ji, Wang rong, etc...), poètes, musiciens, peintres, philosophes et libertins, qui incarnent la réaction d'opposition au ritualisme autoritaire de la société chinoise confucéenne. La "forêt de bambous" était un lieu où ils aimaient se rencontrer et qui symbolise la rupture avec la société qui venait de s'effondrer, un retour à la nature, la sagesse qui découle de son observation méticuleuse et aussi, forcément poétique. Ils pratiquaient les QING TAN, (les conversations pures), la poésie, la musique avec la cithare Qin, ...et les beuveries.... Ils étaient en rupture avec la pression sociale trop formelle et rigide. Ils représentent depuis toujours une réaction taoïste de retrait créatif et individuel, anticonformaiste, poétique et rêveur, qui a endendré la plus belle poésie chinoise (celle des Tang, 8° siècle), la peinture de paysage (Shan-shui : "Montagne et eau"), l'art des jardins chinois ( le jardins de Suzhou...) et une sagesse incomparable.


 

 

 

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sad story

le 16/07/2006 à 22h07

Une triste anecdote que j'ai vécue en Chine...


 


Lors d'une de mes pérégrinations interminables dans les ruelles de Pékin, les hutong, j'ai lu un jour sur une de ces banderoles rouges que l'on voit souvent en Chine dans les villes, portant quelque slogan du gouvernement, la phrase suivante : "La police et la population assurent conjointement la paix et la sécurité". Il s'agit là de la survivance d'une vieille tradition chinoise, la "responsabilité collective" : il y a longtemps, un système de lois rendait chaque groupe social responsable collectivement des crimes et délits commis au sein de ce groupe. Si par exemple, un meurtre avait été commis, outre le criminel, sa famille, ses voisins, et autres personnes du village étaient punis également. Ce système était en vigueur dans les camps de concentration nazis (sans pour autant que la moindre loi y soit édictée puisque c'était là le règne de la barbarie la plus atroce...) c'est vous dire ! Un soir,  dans la belle ville de Suzhou, il m'a été donné de voir ce principe à l'oeuvre....


 


Ma famille et moi logions dans l'hôtel d'un campus universitaire. En sortant de l'hôtel, nous traversions un jardin et arrivions à la sortie du campus, passions la grille et partions, après avoir franchi un de ces innombrables canaux de la ville, le long des rues. Un soir, à la tombée de la nuit, nous sommes sortis pour aller déguster des jiaozi (raviolis) dans un restaurant tout proche. Lorsque nous sommes arrivés à la sortie du campus, la grille était fermée et d'autres personnes attendaient. J'ai demandé à un gardien ce qui se passait, et il m'a répondu qu'un cambrioleur avait été repéré sur le campus et qu'il fallait le bloquer... Bon... attendons.... Une Volskswagen Santana noire est arrivée (ces voitures, disparues d'Europe depuis belle lurette, sont encore en production en Chine, et celles qui sont noires avec des vitres teintées sont généralement celles de personnalités officielles importantes...) Alors là, bien sûr, les gardiens ont fait un effort, ils ont brièvement ouvert la grille roulante pour permettre à celui qui est peut-être le directeur de cette université de partir. Tout le monde en a profité pour passer... La grille s'est refermée sur notre dos... Nous avancions sur le petit pont qui enjambe le canal quand soudain nous avons entendu des cris mâles surgir dans notre dos. Nous nous sommes retournés, et, sur les plates bandes fleuries du jardin à l'entrée du campus, nous avons vu courir un homme, comme un dératé, poursuivi par d'autres hommes criards ... c'était ce fameux cambrioleur ! L'homme a aperçu qu'il restait un espace de 50 centimètres entre la grille et le mur... son seul espoir de salut. Les poursuivants ont hurlé, le gardien et ses collègues ont couru intercepter le fuyard qui réussit à engager son corps dans la fente, l'ont saisi par les jambes alors qu'il était presque tiré d'affaire, l'ont tiré avec force vers l'intérieur, sans ménagement. L'homme est tombé et s'est cogné fortement la tête sur le sol. Le concierge, ses acolytes et les poursuivants se sont jetés sur lui et l'on roué de coups sur tout le corps, le sang jaillissait de son visage, et ils frappaient, frappaient jusqu'à ce que l'homme fût assommé... Je regardais cela, médusé, ma femme me disait "mais ne regarde pas ça, partons, il ne faut pas que les enfants voient ça!"... c'était trop tard..ils avaient vu....


 


Alors que nous marchions vers notre restaurant, nous avons entendu la sirène des policiers qui arrivaient. Leur travail mâché par de simples quidam.....


 


 

aimer la chine

le 27/07/2006 à 17h51

La porcelaine. Si fine que la lumière passe à travers. Comme un bol de brume qui retient un secret, un mystère qui n'est pas ici...


 


Une amie, que j'ai rencontrée en Chine, 33 ans aujourd'hui, m'a confié un jour que son attirance pour la Chine lui était venue lors de son enfance, avec les tasses de porcelaine chinoise de sa grand-mère. Elle était fascinée par cette opalescence, cette lumière douce et floue qui venait forcément d'ailleurs. Un mystère qui vient pourfendre ce monde trop brutal qui prétend tout expliquer de nous.


 


Les raisons qui nous poussent à aimer la Chine sont aussi différentes que nous sommes tous différents. L'une d'entre vous m'a confié qu'elle avait pris l'option chinois parce c'était une opportunité nouvelle, et notamment celle de quitter son village. Quelq'un m'a dit un jour avoir fait des études de chinois pour le seul motif de quitter sa provinciale ville de Nevers... Aujourd(hui, cette personne vit et traveille en chine....  C'est un "lâcher-prise", un oui à autre chose, sans projet bien défini, mais où l'on a simplement confiance en l'avenir, en un devenir, c'est s'abandonner au courant d'un fleuve plus puissant que nous-mêmes, et que le profil standard dans lequel "on" voudrait nous conformer.


 


Voici l'histoire de Solenne, de Mérignac, banlieue de Bordeaux.  Je l'ai rencontrée en juillet 2001, dans la hall "arrivées internationales" de l'aéroport de Pékin. Elle avait 21 ans à l'époque. Nous venions de passer la nuit dans l'avion, pour passer un mois de stage de chinois dans une funiversité de Pékin. Un groupe d'une quarantaine de personnes environ. Hormis les deux organisateurs, je ne connaissais personne. Solenne non plus. Elle restait seule, accrochée à sa volumineuse valise, alors que le reste des stagiaires formait des groupes épars et volubiles. Il y a toujours beaucoup de gens assez peu modestes, qui ont "tout vu tout fait", qui parlent fort et se donnent l'air d'être aussi à l'aise à Pékin qu'à Montargis.


 


Elle, timide et pâle, détournait d'eux son regard inquiet (le soleil éblouissant) et me regardait, moi qui ne disais rien (les lumières opalescentes). Elle s'est approchée et m'a dit : "Monsieur, vous faites partie du groupe?  S'il vous plait, je dois absolument téléphoner à mes parents.. Je ne sais pas comment faire, et je n'ai pas d'argent chinois..." Je lui ai dit : "Mais vous savez qu'il est quatre heures du matin en France ?!" Elle m'a dit oui, mais qu'à toute heure de la nuit, elle pouvait appeler ses parents. Alors je l'ai emmenée dans une boutique de l'aérogare, je lui ai avancé 100 yuans pour acheter une carte 201 (carte de crédit prépayé), puis nous sommes allés à une cabine, je lui ai montré comment sélectionner la langue, puis comment entrer l'interminable série de chiffres, puis le code secret. Elle a composé son numéro, le combiné collé à son visage... Une grande inspiration, "Maman !!! C'est moi !!! Oui, je suis arivée, je suis à Pékin, tout s'est bien passé., l'avion ne s'est pas écrasé.."etc.... Elle a raccroché, le visage enfin détendu. Elle m'a souri.


 


Solenne, c'est une énigme... Elle m'a appris plus tard qu'elle venait de passer une licence de chinois... Et que c'était là son premier voyage en Chine !!! Sa valise était pleine de médicaments... En fait, elle avait peur de venir en chine ! Comme ma fille, qui est venue pour la première fois à l'âge de 11 ans : la première nuit...elle a fait du somnanbulisme ! Le stress ! Comme le dit un lama tibétain, Péma Chödron : "D'habitude nous pensons que les gens courageux n'ont peur de rien. En fait, ils sont intimes avec la peur." Lorsque j'ai proposé à Solenne, parmi d'autres, de venir passer une nuit à la belle étoile sur un tronçon en ruine et désert de la muraille de Chine (ce qui est dangereux et interdit), elle a dit oui, malgré sa peur. Une fille discrète et "de bonne famille", qui a dit oui et est venue vivre cette expérience... Ces filles ont un courage qui devrait faire réfléchir tous ces "m'as-tu-vu" qui ont "tout vu tout fait"... des centres commerciaux et des restaurants huppés de Pékin ou shanghai...


 


Un soir, je rentrais d'une virée en vélo dans le centre de pékin, et, dans le hall d'entrée de la cité universitaire, j'ai vu plusieurs stagiaires, des jeunes, vautrés dans les fauteuils, à  boire bière et alcool de riz.... Ils m'ont invité, je suis venu sans me faire prier. Parmi eux, il y avait Solenne... Manifestement, elle a attendu que tout le monde parte se coucher pour rester avec moi, je le sentais, alors moi aussi je suis resté. Vers 23 h 30, nous étions tous les deux à bavarder. A minuit, le gardien nous a renvoyés dans nos chambres. Dans ma chambre, nous avons bu du café et elle m'a raconté....


 


Quand elle avait 11 ou 12 ans, elle a commencé de rédiger un journal intime. Un jour où elle était au collège, sa mère est entrée dans sa chambre pour faire la ménage. Fortuitement, elle a découvert le journal intime de Solenne... On imagine la scène : elle s'assoit sur le lit et entame en silence la lecture voleuse.... Puis remet le journal en place... ainsi chaque semaine. Quelques années plus tard, à l'occasion d'une fête en famille, la mère, -peut-être avait-elle trop bu de champagne-, lui a tout avoué. Peut-être pour faire amie-amie, "je connais tes peines ma chérie".... Solenne s'est levée, est partie en courant s'enfermer dans sa chambre pour pleurer une nuit entière sur son lit trempé....


 


Il n'y avait plus rien à faire. En chinois on dit "fu shui nan shou" : "L'eau tombée à terre ne peut plus se ramasser" Mais elle se jura de trouver le moyen pour que personne ne puisse lire son journal, la cachette idéale... Un reportage à la télévision sur la Chine..... Solenne avait trouvé : elle allait apprendre la chinois !

poème tang

le 17/09/2006 à 22h12

Un poème de LI Bai


Complainte des degrés de jade


Les degrés de jade se sont couverts de rosée blanche.


Leur froid pénètre mes bas de soie. la nuit s'achève.


Je déroule alors mon store de perles de cristal.


A travers l'écran diaphane, je contemple la lune d'automne.

reponse a ma yuwang (suite)

le 01/10/2006 à 20h42

Réponse à Ma Yuwang (suite)


On dit de l'écriture chinoise qu'elle est d'origine divinatoire. Cela signifie-t-il que l'on peut lire dans les  caractères chinois comme dans le marc de café, une boule de cristal, ou, comme dans "Astérix et le devin", dans les entrailles d'un maquereau ? C'est sûrement plus simple....


En Europe, la divination traite du futur, ou plutôt, prétend traiter du futur. En tous cas elle est cantonnée à cela car dans notre confiance absolue dans la science, y compris les sciences humaines,  le présent et le passé sont forcément connus et expliqués. Et parce que le futur étant inconnu, on désire le connaitre aussi, car, comme disait Staline : "La connaissance n'a pas de prix dans un régime scientifique comme le nôtre" Mais il existe d'autres terrains de la divination. Et, chose curieuse, nous autres occidentaux sommes les inventeurs d'une forme de divination du passé : la psychanalyse ! Cela montre bien que le passé n'est pas si clair, et que le présent recèle des éléments qui n'ont rien de se si évident ! Il faut du temps pour mettre du sens sur les évènements de notre vie, qu'ils soient présents ou passés. Les chinois savent cela depuis longtemps.


Que veut dire "divinatoire" ? Il y a les rêves prémonitoires. Mais attention ! Un rêve ne peut être qualifié de prémonitoire que lorsque son contenu est validé par ...le futur ! En "logique", on appelle cela un "évènement non-causal", c'est à dire qui dépend, pour se constituer, d'éléments provenant du futur. Et le futur, par définition et c'est évident, est inconnu puisqu'il n'a pas encore eu lieu. C'est sa liberté, son essence...


La divination du présent : un jour, j'étais à table, j'avais 15 ou 16 à peu près, je me suis levé pour attraper quelque chose sur la table, et ma petite soeur, en passant, a enlevé ma chaise et quand je me suis assis à nouveau... je me suis retrouvé les quatre fers en l'air... Elle s'est mise à pleurer. Quelqu'un a dit aussitôt : "Elle a eu peur de se prendre une baffe !"... Forcément : les garçons sont brutaux. Or, m'avait-on jamais vu frapper ma petite soeur ? Et j'ai pensé, à ce moment là, que si ma petite soeur avait pleuré, c'est parce que ce doit être terrifiant pour un enfant de cet âge de renverser une "grande personne". La divination du présent : voir maintenant au delà de la "théorie"...


La divination, c'est "être attentif à.." A ce qui est en germe, ce qui est invisible, à ce qui est vivant, à ce qui se passe vraiment. C'est voir au-delà du présent, mais pas comme une projection de nos "idées" dans le futur, mais tout simplement au-delà de nos idées, au delà de la coquille qui nous enferme, dans laquelle on prétend nous enfermer. A l'école, ou ailleurs, on nous donne des clés. Mais personne ne sait ce que l'on va ouvrir avec ces clés, quelle porte et sur quelles merveilles... Ce que j'ai découvert à 40 ans donne un sens pour moi à ce qui était en germe en moi à 15 ans. Et personne, pas même moi, ne savait à cette époque que j'avais la clé pour ouvrir la porte "Chine"....