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histoire de Chine (suite)

le 03/07/2006 à 15h02

Boujour ! Reprenons la suite de notre histoire... Tout d'abord, je vais reprendre l'histoire du "moyen-âge chinois", c'est à dire la période qui va de 220 de notre ère jusqu'en 589.


La dynastie Han (-206, +220) s'est effondrée, entre autres raisons, à cause de la révolte des "turbans jaunes", secte taoïste menée par ZHANG Jue. En fait, ce sont plutôt les généraux loyalistes et sécessionistes, qui s'opposèrent après avoir écrasé la révolte des turbans jaunes et qui ce faisant, provoquèrent la ruine de la grande dynastie Han. Il en résulta le partage de la Chine en trois territoires autonomes, les fameux "trois royaumes" : de 220 à 265. Une courte restauration de l'unité chinoise (dynastie Jin, 265-326) ne résista pas à la poussée des peuples "barbares" de la steppe (au nord de la Chine) : à partir du début du 4° siècle, le nord de la Chine est aux mains des envahisseurs, les Jin se repliant au sud : c'est la période des "16  royaumes" et des "dynasties du Nord et du Sud", qui se terminera en 589.


Cette période est caractérisée par la montée du taoïsme, qui devient à cette époque une religion, et qui va influencer très profondément le paysage intellectuel et artistique chinois. C'est une période de liberté contestataire, ..."Les sept sages de la forêt de bambous" en sont un brillant exemple. Le taoïsme apparait vraiment à cette période comme l'alternative au confucianisme, la "doctrine officielle" de l'empire chinois depuis les Han.


Mais c'est aussi, grâce à l'invasion "barbare", une période d'intense fécondation étrangère de la Chine : notamment, les envahisseurs amènent avec eux dans leurs bagages, le bouddhisme. C'est une religion indienne, que d'ailleurs les chinois appelleront longtemps "la religion étrangère", mais celle-ci va peu à peu se siniser, et recevoir notamment une forte influence taoïste : cela donnera le bouddhisme chinois, dit "chan" (la contemplation), et qui plus tard encore, parvenu au Japon, prendra le nom de ZEN.


Les progrès de l'influence Bouddhiste à cette époque sont étroitement liés au climat de celle-ci : les barbares se sont montrés très cruels (Vous vous souvenez de cette histoire d'un souverain qui, lorsqu'il donnait banquet, faisait décapiter la plus belle femme de son gynécée, en faisait cuisiner le corps, et apprêter la tête, pour présenter à ses convives la beauté... de ce qu'ils étaient en train de manger !!!....) Or, le bouddhisme promet "la rétribution des actes", c'est à dire, une vie meilleure après la mort, lorsque chacun se réincarne (c'est une croyance bouddhique : le cycle des réincarnations) Les malheureux chinois furent séduits par cette promesse, ce qui explique que, en ces temps obscurs, cette religion gagna facilement le peuple chinois, avant que bien plus tard, le pouvoir en fasse une religion officielle.


Ces "barbares", ne l'étaient pas tous : par exemple, la dynastie des Wei du nord (bei wei). Dynastie des "barbares" Tuoba. Ceux-ci importèrent en Chine une statuaire magnifique, firent creuser des grottes bouddhiques sublimes (grottes de Yungang et de Longmen), représentant des bouddhas au sourire énigmatique et compatissant, ce qu'on appelle "le sourire Wei". Cette statuaire était de forte influence ....grecque! Encore une fois, vous voyez, le monde n'était pas aussi étanche que l'on veut bien nous le laisser croire.


Voilà, en gros, ce qu'il faut retenir de cette période du "moyen-âge chinois". Notez également un fait original : en Chine, à la différence de l'Europe, le moyen-âge ne coincide pas avec la période féodale ! La période féodale chinoise, c'est la dynastie Zhou : milieu 11° siècle avant JC, 256 avant JC. Les premières statues de Yungang datent de 476 : c'est l'année où le germain Odoacre détruisit Rome, soit le début de notre moyen-âge. Vous voyez, nos moyen-âges correspondent à peu près en date, avec toutefois, deux siècles d'avance chez les chinois. D'ailleurs, ils en sortiront avant nous.....


Prochain épisode : les dynasties Sui, Tang et Song.


Et prochains articles : recette des raviolis, et celle des "papillottes de poulet", une recette chinoise pouvant être cuite au barbecue, ce qui changera des merguez et autres grillades standard fort prisées en cette période de l'année... Un poème chinois ... et autres choses....

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