Réponse à Clémence, sur le ZEN.
Que la publicité utilise abusivement le terme ZEN c'est évident. La pub n'existe que pour nous contraindre, nous manipuler. Pour cela, elle observe nos goûts et passions, en récupère les thèmes en les vidant de leur sens... La pub traîne tout dans la boue, et le détourne pour faire de nous des pantins.
Effectivement, le Zen nous invite, entre autres, à nous libérer du désir de possession (y compris et surtout celui de la possession de la vérité) et ceci est bien sûr totalement en rupture avec ce à quoi la pub nous invite. On pourrait dire que les "publicistes" récupèrent le zen pour dire : "On va vous plumer, vous déposséder de votre âme et de vos rêves, vous endetter, alors...soyez "zen" face au mauvais traitement que la consommation vous inflige..."
La première "récupération" occidentale célèbre du mot Zen, on la doit , je pense, à "37,2° le matin", un roman "branché" des eighties (de Philippe Djian) et le film éponyme de Jean-Jacques Beinex avec Béatrice Dalle. Celle-ci, dans un accès de colère, passe par la fenêtre toutes les affaires de son amant et dit : "Ca va être zen !" Il est évident qu'elle "n'est pas zen" du tout... Le problème c'est qu'on utilise zen comme un adjectif, alors qu'il s'agit d'un nom : celui-ci désigne une école, mieux, un art de vivre.
"ZEN" est un mot japonais qui vient du chinois Chan, "la contemplation, l'illumination" On le voit souvent inscrit sur des bougies ou des photophores : non pas tant parce que la bougie éclaire, que parce que l'observation soutenue et "abandonnée" de celle-ci conduit à un état de méditation... En réalité, Zen désigne une école du bouddhisme, née en Chine au VII° siècle de notre ère, le Bouddhisme Chan, qui s'est exporté vers le Japon presque aussitôt en prenant le nom de Zen. C'est le "bouddhisme chinois", différent du Bouddhisme Tantrique (Tibétain) en ce sens qu'il est débarrassé de toutes cette forêt d'incarnations et représentations nombreuses de Bouddha : les temples tibétains sont encombrés de statues et effigies un peu... "étouffantes". Le bouddhisme Chan (zen) prône une simplicité extrème du décor religieux... dans ce domaine, les japonais ont porté au plus haut degré l'art des jardins Zen...
Effectivement, il est question de calme. Entrer en méditation en cessant de penser (bien sûr "cesser de penser" intéresse la pub et son entreprise de lavage de cerveau: "Ne pensez plus, on va vous dire comment penser") "L'arrêt de la pensée", dans le Zen, c'est ne plus imposer nos catégories mentales et nos "analyses" à notre sensibilité. Il ya une pression de nos opinions qui nous empêche de toucher le coeur des choses, qui relèvent du sensible et non de l'intellectuel. Comme toujours, nous avons tendance à confondre nos idées sur les choses avec les choses elles-mêmes. Ainsi, et cela est très oriental, ...il est impossible de définir le zen !!! On dit : "Dès que vous parlez d'une chose, vous la manquez !"
En europe, Zen s'oppose à "stress".... parce que nous sommes stressés! Il ya eu le 11 septembre 2001 : le choc, l'angoisse lancinante, les cauchemars...Comment rester "zen" ? Lorsqu'il apprit le bombardement de Hiroshima, Gandhi "ne laissa paraître aucune émotion et ne dit rien. Il souffrait, c'est tout." Il ya ces "fins analystes" qui nous font de merveilleuses théories sur l'avenir du monde : ils semblent brillants, en fait ils sont le reflet de la brutalité du monde, ils sont lâches en se calfeutrant dans de beaux raisonnements, et ils sont cruels car ils nous imposent leur peur, la peur, ..leur duplicité. Ils semblent sereins, mais eu fond, ils n'ont vraiment rien de "zen". Sur ces tragédies, il n'y a rien à dire, et quand on est capable d'assumer seul sa souffrance ou de la partager en confiance sans la reporter sur les autres par un discours "savant", la sensibilité devient reine : on s'approche de la pratique zen. Sans nous agiter dans des analyses qui nous brisent en morceaux, discours illusoires et finalament stupides car ils se démontent en vitesse, on finit par avoir, au coeur de la douleur, un coeur en paix, qui n'est pas perturbé.
Autre exemple : vous écoutez Marylin Manson ou quelque chose comme ça, quelque part ,et quelqu'un vous dit : "Oh ! Tu peux pas couper ton bastringue satanique, ça me stresse ! moi, j'écoute de la musique "zen" !" ...Mais,.... ça n'existe pas la musique "zen" ! Il n'y a pas de choses zen, il n'y a que des personnes zen ! L'écoute de la musique permet de s'isoler des stimulations pas forcément très intéressantes du monde extérieur : ces "perturbations" qui brisent notre âme en mille morceaux, en mille raisonnements vides de sens même s'ils sont logiquement élégants. Vous pouvez très bien plonger votre coeur dans cette paix en écoutant Marylin Manson ou de la techno hard-core ! Si c'est le cas, vous approchez de la méditation zen. Et vous ne le savez pas ! Et c'est pour cela que vous vous approchez du zen ! Ceux qui disent : "moi, j'écoute de la musique zen" ont défini le zen et par là-même, ils le manquent : la preuve, ils sont complètement stressés dès que le niveau sonore dépasse 60 décibels !!!
Dernière chose pour aujourd'hui : si vous pouvez lire tout mon charabia sans être énervé(e)s : vous êtes zen !!! (Suite bientôt )
Commentaires
Par Ma Yuwang (Marion C. le 19/09/2006 à 11h06
Vous me faîtes réfléchir sur des choses qui, avant, n'avaient aucun intérêt pour moi . Vos raisonnements sont tellement justes...Vous avez une vision des choses extraordinaire. Cette philosophie de la vie, a-t-elle toujours été en vous ? Ou est-elle venue grâce au taoïsme par exemple ? (Vos articles ne m'impressionnent pas par leur longueur, au contraire, je pense que de petits textes nous laisseraient sur notre faim)
Par bao shoufei le 04/09/2006 à 18h19
Bonjour Alice...
....et cet article sur le zen n'est pas fini!!!!
Par Alice le 04/09/2006 à 08h41
Bonjour !
J'avoue avoir parcouru d'uncoup d'oeil la longueur de l'article avant de lire. Mais je suis pas énervée du tout, je l'ai trouvé tres interressant. A bientot.
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