zhu lin qi xian

YIN YANG and THE CITY 11

le 03/08/2008 à 22h06

YIN YANG and THE CITY 11

 



 


YIN YANG RED GREEN



" Rose pour les bleus et fille pour les garçons, garçons pour les filles et bleus pour les roses " est un vieux dicton – que je viens d’inventer - , avant qu’il ne devienne la chienlit que l’on sait.

En Chine près de la ville de Hangzhou, dans la province du Zhejiang, il y a le feilaifeng (" la colline venue en volant "), un tertre verdoyant bordé de falaises où sont sculptées des statues de Bouddha. En face, comme une élévation vers le ciel, le monastère de lingyinsi  (" la retraite inspirée ") qui grimpe sur la colline jumelle. Entre les deux, un torrent d’eau pure et fraîche épouse le fond du vallon.

Sur un rocher du feilaifeng, humide dans la verdure, trois caractères gravés : fei, lai, feng, peints en rouge carmin.

D’ordinaire on dit : " Le vert est le complémentaire du rouge " Comment la cosmologie chinoise lie-t-elle le rouge au vert ?

Le vert, c’est l’est, le printemps, le yang qui apparaît, le matin, le bois.

Le rouge, c’est le sud, l’été, le yang qui s’épuise, midi, le feu.

XU Chen, auteur du premier dictionnaire chinois, le Shuowen jiezi (publié en l’an 100 de notre ère : facile à retenir !), écrivait : " De la fidélité du rouge au vert, on dit qu’elle est éternelle " Cela signifie que, dans l’âme dynamique des chinois, le bois (vert) engendre le feu (rouge) Le rouge est donc l’enfant du vert et sa fidélité celle de celui qui a été engendré envers son géniteur.

Le vert devient rouge (et le rouge devient jaune, le jaune devient blanc, le blanc devient noir, le noir devient vert, et la boucle est bouclée.. On verra ceci plus tard : le cycle d’engendrement) Ceci signifie que, à l’image de la nature, tout est mutations et non catégories fixes.

Le rouge, c’est la couleur du cinabre, un sulfure du mercure de couleur rouge qui est la base de l’alchimie taoïste. Là aussi, nous développerons ceci plus tard pour ne pas alourdir le propos.

L’alchimie ! Dans quel mépris notre occident la tient depuis le XIX° siècle ! Forcément ! Quelque chose qui parle de mutation ! Or le contenu symbolique de l’alchimie et particulièrement taoïste est d’une autre trempe que ce merveilleux reliquat de la pensée " positive " européenne : " Bleu pour les… etc… "

En chinois moderne, il existe communément deux caractères différents pour désigner les couleurs bleu et vert. ( lan pour le bleu, lu pour le vert) Mais à l’origine il n’existait qu’un seul caractère pour ces deux couleurs ! : qing (dans qing tian : ciel d’azur, ou qing pour désigner le vert dans le symbolisme) Ceci n’est pas un phénomène isolé. Par exemple zi signifie mauve (ziteng : la glycine) ou violet (ziwaixian : rayons UV) ou encore pourpre (zijincheng : " cité pourpre (de l’étoile polaire) où nul ne peut entrer ..la cité interdite !) Ceci montre que pour le chinois les catégories sont fluides et nos perceptions variables.

En plongée (j’ai fait de la plongée de l’âge de 12 ans à 21 ans), à 30 ou 40 mètres, les gorgones (colonies de polypes de type corallien) sont d’un beau bleu nuit. Si on les ramène à la surface (ce qui est interdit) ou si on les éclaire à la torche électrique, elles ont d’un éclatant rouge vif ! Que signifie de dire " les gorgones sont bleues " ou " les gorgones sont rouges " ?

Revenons à qing. Ce caractère est composé de deux éléments : celui du haut correspond à sheng (dans xuesheng) : la vie, croître, naître… et pousser, donc. Cela correspond au bois (qui pousse), donc au vert. En dessous, attention, il ne s’agit pas de yue (la lune) ni de la chair ! C’est en fait un autre caractère dan…le cinabre ! Donc le rouge ! Le caractère qing contient donc à la fois le vert et le rouge car le vert engendre le rouge. Ce caractère n’enferme pas vert/bleu, puisque il écrit leur devenir rouge.



Qing, c’est la tomate au printemps, verte, et rouge en été. Voilà pourquoi il n’y a pas de verbe " être " en chinois. Comme pour les gorgones, que signifie de dire une tomate  est rouge ou verte ?
Le ciel est bleu ?…et gris, et blanc, et cuivré, et noir, et nacré, et moiré, et rose, et jaune, et orange, et rouge carmin, et rouge sang, et violet, et d’étain, doré, invisible….

YIN YANG and THE CITY 10

le 03/08/2008 à 22h00

YIN YANG and THE CITY 10


 


YIN YANG STRATOCASTER


 

(digression musicale : ce guitariste sur la photo, c’est Caspar Brötzmann, fils de Peter Brötzmann, saxophoniste terrifiant du free-rock, membre de Last Exit (venu à Njp en 1986). Last Exit, est un des groupes de Bill Laswell (avec Material). Bill Laswell, fabuleux bassiste new-yorkais, est venu à Musique action, vers la fin des années 90 avec Massacre, un power trio anglo-américain mythique. Il est connu aussi pour avoir produit le premier album solo de Mick Jagger. Revenons à Caspar Brötzmann : il a fondé " Caspar Brötzmann Massaker ", un autre power-trio peu connu mais torride, strident et pugnace. Il existe à Nancy un groupe à peu près équivalent, c’est " Etage 34 ".Cd disponibles chez " Wave " rue des sœurs macaron, à Nancy ou au CCAM ( le guitariste de Etage 34, Dominique Répécaud… est directeur du CCAM ! )
Cette photo, je l’ai faite pendant le concert de C.Brötzmann à la salle des fêtes de Vandoeuvre en … Elle trône au format 40 x 60 au–dessus de mon bureau, dans un cadre à la votre cassée.

Fin de la digression)


 

Sur cette photo, il y a un retournement 9 – 6. Elle est pleine de mutations.

La musique de Massaker est bruyante et énergique : yang. Mais Caspar a les yeux fermés, il regarde la nuit : yin. Il est calme, serein, reposé : yin, toujours. On retrouve ici cette différence entre apparence et réalité : Caspar Brötzmann, look rock plutôt agressif, musique violente et hurlante (NB : Il est revenu à Musique action en duo avec F.M.Einheit, le percussionniste " fou " de Einstürzende Neubauten, qui " joue " de la perceuse, du marteau-piqueur, du parpaing cassé à la masse, de la tôle sciée à la scie électrique, etc….) tout cela est yang… comme apparence ! Mais la réalité qui émane de la photo, c’est que C.B. est calme, reposé, lent, donc Yin. C’est une idée qui est précieuse : contrairement à " ce qu’on dit ", un look piercing-métal-black-satan-etc… est une apparence de personnes qui peuvent être réellement adorables et cool. Il y a LL ou SL à Cormon ou ED ou BR à Chop’ qui sont vraiment adorables même avec des clous partout ! Cette apparence 9 est souvent le masque subtil d’une âme 6.

Dans cette photo il y a à la fois le 6 et le 9, une année entière de nuits étoilées pendant lesquelles les constellations ont tourné autour de la Polaire et se sont retournées. Il y a donc le pouvoir divinatoire de sentir une personne sensible dans un look et une musique plutôt hard. Dans cette photo, comme partout, il y a le point où tout bascule. Point en latin, ça se dit PUNCTUM….

Selon Roland Barthes, auteur d’un livre célèbre sur la photo (" La chambre claire " ), dans une photo il y a deux aspects différents du contenu : le STUDIUM et le PUNCTUM.

Le studium, c’est le contenu global d’une photo, son thème général, son titre. Ici : " Caspar Brötzmann en concert en Lorraine en 1991 ".

Le punctum, c’est un détail qui n’a aucun rapport avec le studium, qui le " lacère ", le renverse et hisse la photo dans une autre strate de la connaissance et de l’analyse.

Dans la photo présentée ici, il y a un punctum : la position des mains de Caspar B., tout en haut du manche et " à l’envers ", ce qui indique des sons pour le moins étranges (c’est Musique Action !). Position des mains qui évoque celle d’une tisserande, d’une brodeuse, d’une Pénélope (qui tisse le jour et défait la nuit : alternance 9/6 !) , qui passent l’aiguille à travers le tissu. Geste silencieux, patient, délicat, féminin, qui est le 6 dans ce rock très mâle, très 9. Ce geste évoque le point discret et presque invisible où passe le fil entre le dessous (6) et le dessus (9), geste cyclique 6/9/6/9/6… etc…. comme un battement de cœur. Point invisible, fil invisible, d’ailleurs Caspar a les yeux fermés. Quand les anciens chinois voyaient la Grande ourse à minuit, ils savaient où elle se trouverait le lendemain à midi alors que c’est invisible. Comme ils savaient où se trouvait le soleil à minuit. Si l’on regarde les cumulus flotter dans l’azur et que en même temps on sait deviner où se trouve la Grande Ourse, on a à la fois les yeux ouverts et fermés…

Ce guitar-hero à la forme d’un 9 (forme d’un œuf, qui contient tout), c’est la partie visible de la photo, ce que nos yeux ouverts voient, le studium, mais il exprime aussi le 9 inversé, 6, par cette féminité du visage et des mains, cette capacité de contempler l’invisible et de vivre la hiérogamie. Cette photo offre à notre regard sensible le balancement, l’oscillation entre le masculin et le féminin. Quelqu’un disait " Y a-t-il un paysage qui ne soit plein de celui qui l’a contemplé ? " Je rajoute : Cette photo n’est elle pas pleine d’une jeune fille qui la contemple et qui rêve d’être une rock-star ?! Balancement masculin-féminin, moi et un autre, échange d’attributs, hiérogamie.

C’est une photo noir et blanc.. c’est à dire yin/yang ! Ce même Roland Barthes évoqué plus haut expliquait que la photo noir-et-blanc contient par essence un balancement entre le noir et le blanc puisque l’épreuve papier provient d’un négatif : le blanc est devenu noir, la noir est devenu blanc et le gris clair gris sombre, le gris foncé gris clair,…hiérogamie, alternance yin/yang.

Kurt Cobain s’est suicidé. Je n’en connais pas la raison. Quelqu’un la connaît-elle ? Je crois une chose : il est certainement très dur de hurler son désespoir dans un micro devant une salle en délire. C’est comme Schubert (le piano trio in E-flat, dans Barry Lyndon) : c’est si beau, ça nous rend " heureux "… parce que c’est si triste, mélancolique. Ce 6 se retourne en 9 dans notre âme. La tristesse 6 du piano-trio ou de l’âme torturée de Kurt Cobain, c’est le négatif d’une œuvre exaltante et belle (9). Le même balancement que dans le tirage d’une photo en labo. Quand cet étirement entre le 9 et le 6 devient trop tendu - c’est ce qu’exprime Roger Waters à la fin de The Wall -, on craque…

Cette mutation du 6 en 9 trouve une manifestation dans :

1 – La musique de Frank Zappa, solaire, enjouée, sublimement virtuose.. et qui est au fond (c’est le négatif de la photo) une critique acerbe, amère et douloureuse de la société américaine.

2 – On peut dire la même chose de Mozart.

3 – Dans les textes de Pierre Desproges : " L’humour est la politesse du désespoir. " (Humour = 9, désespoir = 6)

4 – La peinture de Pierre Soulages qui crée la lumière (9) à partir du noir (6)

5 – Celle de Mark Rothko qui oscille entre dedans-dehors, sur-sous, lumière-ombre, surface-profondeur, noir et couleur avec une subtilité inégalée.

6 – Barry Lyndon de Stanley Kubrick où l’éclatante splendeur des images (chef op’ : John Alcott) est le négatif de la sombre noirceur des âmes des personnages dans une société au bord du gouffre.

7 – dans nos sourires et la réponse enjouée " Oui, ça va ! " quand au fond nous allons très mal.

YIN YANG and THE CITY 9

le 31/07/2008 à 18h06

YIN YANG and THE CITY 9

 


YIN YANG SIX NINE


 

" Un garçon qui pleure est forcément gay "… " Une fille aux cheveux courts est forcément lesbienne… " …etc… Voilà le genre de concepts sophistiqués et raffinés, fruit des sphères les plus altières de la pensée humaine qui nous offerts pour nous faire "rêver"… Ceci dénote en réalité que l’esprit occidental est complètement étranger à une notion fondamentale, fondatrice de la pensée chinoise (et de certains mythes religieux  et des origines taboues de notre propre civilisation devenue hémiplégique depuis le XIX° siècle ) : la hiérogamie. Il n’y a rien qui répugne autant à l’esprit occidental moderne que cette idée de hiérogamie qui est constitutive de la réalité Yin yang. ( Fait révélateur : le logiciel Word ignore même ce concept puisqu’il souligne ce mot en rouge ! ! ! !) Qu’est-ce que la hiérogamie ?

Un homme pleure. Ceci est choquant ! … On voit même une pub en ce moment pour je ne sais quelle eau minérale qui annonce : " Les femmes ont enfin trouvé leur eau ! " Ah c’est sûr ! Que les hommes et les femmes boivent la même eau c’est scandaleux ! ! ! C’est pervers ! Quelle chienlit dans notre bel univers bien ordonné ! Beurk ! Bientôt…. porter des masques à gaz avec des filtres différents, " roses " pour d’aucuns et " bleus " pour les autres, parce que les hommes et les femmes ne vont quand même pas respirer le même air  ! ! !… Un homme pleure, il est donc gay… ou alors fou, pervers, manipulateur, détraqué, malformé, psychopathe, monomaniaque, hypocondriaque, génétiquement modifié, psychotique, schizophrène, probable futur serial-killer, névrosé… enfin, bref, le plus fabuleux arsenal de calembredaines conceptuelles sera sorti en grande pompe afin de ne surtout pas dire que cet homme qui pleure est tout simplement... féminin.

Un homme pleure un homme ne pleure pas un homme est gay un homme n’est pas gay un homme gay pleure un homme gay ne pleure pas un homme pas gay ne pleure pas un homme pas gay pleure (je viens de relire " Paradis " de Philippe Sollers, vous connaissez ? C’est un roman sans aucune ponctuation ni queue ni tête…) …simplement, un homme qui pleure est, en larmes, une femme, comme très souvent, une femme en larmes est un homme qui pleure. Pleurer, c’est être quelqu’un d’autre… C’est fusionner.. C’est cela ce thème majeur de la cosmologie chinoise : la hiérogamie, c’est à dire l’échange d’attributs.

Il y a deux nombres importants dans la numérologie chinoise : le Neuf et le Six.

Le 9, c’est le chiffre du yang suprême, yang majeur. C’est pour cette raison que le 9 était réservé à l’empereur. (Pour rencontrer celui-ci, sous les dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911) locataires de la cité interdite depuis Yong Le en 1421, il fallait, depuis la porte Yonding au sud de Pékin (qui est aujourd’hui, comme " la porte de la Chapelle ", " la Porte de Pantin " sur le périphérique parisien, …une sortie sur le deuxième périphérique pékinois) jusqu’à la porte Qianqing au cœur de la cité interdite, franchir 9 portes pour rencontrer le fils du ciel. Il y avait toujours 9 x 9 clous dorés sur les portes des édifices impériaux etc….)

Le 6, c’est le yin suprême, le vieux yin, le yin majeur.

Les chiffres 7 et 9 sont yang, 7 étant le yang mineur, le jeune yang.

6 et 8, pairs, sont yin, 8 étant le yin mineur…

…Tiens ? … Que 9 soit majeur par rapport à 7, c’est logique, mais pourquoi 6 serait majeur par rapport à 8 ? Bon sang,… mais c’est normal ! ! ! Puisque, vous le savez, yin descend : donc à 8, yin est moins descendu qu’à 6 qui est bien le yin majeur ! On dit d’ailleurs que les chiffres yang suivent une progression shun xu (c’est à dire " qui suit l’ordre… ") et les chiffres yin suivent une progression ni xu (" qui remonte l’ordre à contre-courant ") Or, shun (pour les chiffres yang) est un caractère fortement trempé de…YIN ! …comme ni (pour les chiffres yin) est résolument YANG ! ! ! Difficile à comprendre pour des esprits aussi rétifs à la hiérogamie que les européens ! ! ! Merci, vieux chinois, de redonner autant d’espace, de mouvement et de vie dans nos pauvres têtes bien formatées…

OR, c’est ici que tout commence, vous le savez… 9 est un 6 retourné ! ! ! (et vice-versa) Il y a bien hiérogamie : à partir d’un centre fixe, tous les éléments de ces deux chiffres (qui n’en font qu’un) ont échangé leurs valeurs. En chinois : 9 + 6 = 1, l’unité, nous y reviendrons.

Le 9 n’est pas un neuf, il est maintenant 9 et hier 6 demain 6 puis 9 à nouveau, etc…..

Ce qui est troublant bien sûr, c’est 9 et 6 sont des chiffres arabes et non chinois…. Mais il y a bien longtemps, il y avait des ponts entre les civilisations.. l’humanité était unie… Mais quand même : quelle drôle de " coïncidence " !

La vérité, c’est qu’il faut voir dans le 9(6) la forme de la grande ourse ! Si ce soir vous regardez la Grande Ourse à 23 heures, elle sera exactement retournée dans six mois à 23 heures… De même qu’elle sera retournée demain à 11 heures du matin : mais bien sûr, il est impossible de voir la grande ourse à 11 heures du matin ! Cela dit, on verra bientôt que cette idée n’est pas si sotte pour les chinois.

Nous voyons que ces valeurs 6 et 9 ne sont pas deux choses différentes, mais deux valeurs successives d’une même chose, d’un seul et même être qui peut inverser la valeur de ses attributs selon les moments. Nous n’avons pas un poumon qui expire et un poumon qui inspire, nous avons bien deux poumons qui inspirent, puis expirent.

Un garçon va au lycée voir ses résultats au bac : il est confiant, actif, heureux = yang. Il est " 9 ". Patatras ! Il est recalé au bac, il pleure : il est devenu un 6, féminin.

On voit ici que cet exemple s'applique indifféremment à une fille ou à un garçon. Il n’y a pas de bleu pour les uns ni de rose pour les autres !

Il y a : 1 – Des filles et des garçons confiants (9) et qui apprennent qu’ils ont le bac : ils sont heureux et crient de joie : 9. Ce sont des 9 qui restent des 9.

2 – Des filles et des garçons peu confiants et désabusés (6), qui apprennent qu’ils n’ont pas le bac et donc restent des 6.

3 – Des filles et des garçons inquiets et désabusés (6) qui apprennent - Ô surprise ! -, qu’ils ont le bac et donc de 6 deviennent des 9.

4 – Des filles et des garçons sûrs d’eux et confiants (9) qui apprennent qu’ils ont raté le bac et donc de 9 deviennent 6.

Ces derniers vont revenir à la rentrée, confiants dans leur nouvelle terminale et donc, de 6 en juillet seront 9 (" neufs " !) à la rentrée, comme une constellation qui a tourné autour de l’étoile polaire.

Et parmi les lauréats, 9, certains, comme ça se produit souvent, vont se prendre une douche en début de prépa et ainsi devenir 6 !

BAC 2008

le 05/07/2008 à 16h24

Bonjour à tous et félicitations aux "chinois" de terminale pour votre bac (29 élèves dans la section chinois = 29 reçus du premier coup !) Les notes pour l'épreuve de chinois vont de 12 à 19. Bravo ! La nuit du 3 au 4 (jeudi à vendredi) j'ai rêvé que je descendais un escalier dans une sorte de château, et sur un palier, une porte était ouverte sur une classe lumineuse. J'ai entendu un lycéen m'appeler, il est sorti sur le palier, c'était A.F-L (terminale), qui me dit avec un grand sourire : "Monsieur P. ! On est tous reçus!"......


 

Bonnes vacances en tous cas et encore bravo !

YIN YANG and THE CITY 8

le 02/07/2008 à 18h27

YIN YANG and THE CITY8


 


YIN YANG CAR


 

Voiture à l’arrêt, feu rouge. Feu vert, la voiture démarre, se met en mouvement. Du yin, on passe au yang… facile !

(pour la petite histoire : pendant la révolution culturelle, les gardes rouges d’une certaine ville de Chine avaient décrété que le rouge étant la couleur du " soleil levant du communisme sur la nouvelle Chine ", il était donc absurde de s’arrêter au rouge. Ils ont donc du jour au lendemain décidé d’inverser le code. Le nombre d’accidents qui se produisirent aussitôt fut tel qu’ils durent mettre un terme à leur délire !)

Faut-il dire que la voiture à l’arrêt est yin et celle qui roule yang ? Oui…mais maintenant on sait être plus subtil !

La voiture à l’arrêt n’est pas yin (pas de verbe être en chinois, je crois que je vous l’ai déjà dit !… je plaisante…) : l’immobilisation de la voiture c’est l’effet maximal du yin sur la voiture. La voiture yin n’est pas la voiture à l’arrêt mais la voiture qui freine ! C’est la manifestation suprême et dernière du yin qui, au terme de la décélération, immobilise le véhicule.

 

Une voiture arrêtée au feu rouge, en réalité " n’est pas yin ", elle est en phase de yang latent ! (yang mineur, jeune yang) : le moteur est en marche et le chauffeur, vous le savez, piaffe d’impatience ! Simplement le yang n’est pas encore manifesté : la voiture ne bouge pas, ne bouge pas encore…. Mais le yang, c’est sûr, est déjà entrain de monter. Regardez les "kékés" qui piaffent au feu rouge sur leur scooter ou leur mobylette, le poignet nerveux sur l'accélérateur, vroom vroom vroom en attendant que le feu passe au vert !

Ici, la symbolique des couleurs n’est pas inintéressante. On démarre au feu vert, et le vert, dans la " Théorie des cinq phases " (Wuxingshuo 五行说) est la couleur de l’est, du printemps, du lever du soleil : le yang qui commence à se manifester, comme une voiture qui démarre ! Quant au rouge, la couleur du yang suprême, du yang parvenu au faîte, le soleil parvenu au zénith, midi, l’été : c’est bien le yang au bord de l’excès et qui va devoir se relâcher, comme le soleil commence à redescendre. Sur les compteurs de vitesse (tachymètre) des voitures, le trait correspondant aux " 50 km/h ", la vitesse maximale en ville, est rouge, tout comme la zone du compte-tours indiquant que le moteur tourne trop vite est rouge. Comme le feu rouge qui dit " Stop ! Vous ralentissez et vous vous arrêtez ! " On peut envisager ceci du point de vue coercitif : rouge, yang maximal, c’est un pouvoir (yang) qui s’impose à nous, nous nous y soumettons (yin).

La circulation automobile fourmille de manifestations des flux yin et yang.

Les touristes rapportent généralement que les chinois conduisent comme des tarés. Comme souvent, insuffisamment connaisseurs de la pensée chinoise, ils n’observent pas assez finement les choses et ils ont tout faux ! (Bon, je ne dis pas que les chauffeurs chinois sont des anges, ils en viennent facilement aux mains, klaxonnent à tire-larigot, et il y a aussi pas mal d’accidents !)

J’ai déjà vu sur des autoroutes chinoises des voitures stoppées (pour téléphoner par exemple!!) sur la voie du milieu ou même celle la plus à gauche ! ! ! Que quelqu’un fasse ceci en France et il verra sa voiture volatilisée dans une effroyable collision dans les deux minutes qui suivent ! Mais les chinois peuvent faire ce genre de choses car eux, ils savent freiner, esquiver, se retirer, s’adapter… ils savent le YIN…

Je suis allé un jour à Simatai (une merveilleuse passe de la muraille) depuis Pékin, dans un autocar dont le chauffeur était particulièrement " pressé "… Il doublait sans cesse et pour ce faire, contraignait souvent les véhicules arrivant en face à freiner ou s’écarter sur le bas-côté. Mais il évaluait à chaque fois les " forces en présence " et s’il sentait que le véhicule venant en sens inverse était " plus fort " que lui, qu’il ne céderait pas, c’est lui ralentissait, se rabattait, voire s’esquivait sur le bas-côté. Et cela sans aucun soupir, ni juron, ni ces signes de dépit de la main qui caractérisent nos chauffards nationaux qui encombrent nos routes de leur agressivité. Ce chauffeur était calme, chantonnait, riait avec son voisin… Sa conduite était un merveilleux exemple de cette perception de potentiels yin ou yang sur la route…

Dernier exemple pour aujourd’hui. Hier, dans Nancy, un homme, 55/60 ans environ, qui boitait, peut-être un peu bourré, s’engage sur la chaussée pour traverser en dehors du passage piéton. Je l'ai vu, j’ai freiné, et l’ai laissé passer. Le type s’est mis à rire, et il a crié en traversant : " Ah ben ! ! ! Si je m’attendais à celle-là ! ! ! ! " et il m’a salué….

Nous avons ici également une situation de mouvements verticaux. Il y est yin, à l’arrêt, fragile et soumis à mon mouvement. Mais il passe devant moi puisque je le laisse passer : il a réussi à bloquer mon avancement yang , il passe devant moi (donc, verticalement au-dessus de moi) et moi, je suis bloqué après avoir freiné, je suis en dessous de lui. Il est au dessus et il descend (yin) et moi en dessous et je monte (yang). Freiné, je passe du yang au yin et lui qui se met en marche passe du yin au yang, nous avons échangé nos attributs (thème fondamental de la hiérogamie dans la pensée et la cosmologie chinoises, on y viendra bientôt !) Il y a fusion, harmonie, c’est l’hexagramme tai.

Mais le même jour, j’ai aussi foncé en laissant une personne qui attendait pour traverser sans m’arrêter. Ici, c’est le contraire ! Yang, je monte, céleste et yang, et passe devant lui, le laissant derrière moi (NB : j’adore le caractère chinois qui veut dire " laisser derrière soi " : shuai ….) Il est en dessous et moi au-dessus, or il descend (yin) et moi je monte (yang) : il y a rupture, ça l’a peut-être rendu fâché, ou rendu triste, il s’est senti seul et puis moi aussi au fond, alors que nous aurions pu, si je m’étais arrêté pour le laisser passer, échanger un merveilleux sourire !

Vous n’apprendrez pas ceci dans vos leçons de code ! Mais vous verrez, c’est super d’y être attentif ! Vous remarquerez avec le temps que les capacités de réceptivité au yin sont variables selon les situations et les chauffeurs. Sans tomber dans le cliché, je trouve tout de même que les véhicules les moins disposés à céder au yin sont les 4x4 " suv " (BM surtout), les personnes âgées… alors que les plus disposés sont…les auto-écoles !… C’est vous ! ! ! ! Gardez cela…..

 

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