zhu lin qi xian

l'hexagramme ZHONG FU

le 29/10/2006 à 16h18

D'abord, une petite correction : dans l'article sur "cosmologie chinoise..." je me suis trompé complètement de nom pour l'hexagramme à présenter : fu rong, ça n'a aucun rapport, cela signifie "nénuphar" !... Le nom correct est donc "ZHONG FU", "la vérité intérieure".


Qu'est-ce qu'un hexagramme ? C'est une figure composée de six traits (d'où son nom) qui peuvent être soit continus (lianxian) ou creux (xuxian): les premiers correspondent au yang et les seconds au yin. Puisqu'un seul trait peut revêtir deux formes, deux traits associés représentent 2 à la puissance 2 possibilités de combinaison, soit quatre, Trois traits, 2 puissance 3 soit 8 possibilités (ce sont les huit trigrammes), et donc, pour 6 traits superposés on a 2 puissance 6 soit 64 possibilités de combinaisons. Ces 64 hexagrammes constituent le socle d'un ouvrage passionnant : le Zhou Yi, ou Yi Jing (Yi King en transcription EFEO), le "Livre des Mutations" au sujet duquel le nombre de bêtises qui peuvent être dites est incommensurable. Nous en reparlerons plus tard. Retenons que chaque hexagramme est une description d'une situation donnée. Mais ce qui est important, c'est qu'un hexagramme est "sélectionné" selon une démarche particulière, et que celle-ci induit toujours la confrontation de l'hexagramme selectionné avec un autre hexgramme, qui, en principe, est la transformation (mutation) du premier.


Chaque hexagramme peut être décomposé en deux trigrammes, le supérieur et l'inférieur. D'autre part, on trouve dans chaque tri-, ou hexagramme, des places "fortes" ou "faibles" : dans un trigramme, c'est le deuxième trait qui correspond à un emplacement  propice, mais pour un trait yang uniquement. Notez : les tri-, ou hexagrammes se lisent toujours de BAS en HAUT, par analogie avec la croissance d'une plante.


Voici l'hexagramme ZHONG FU, hexagramme n°61 (La photo est en tête d'article) et son commentaire : "En haut, le trigrammme XUN, le vent, le doux. En bas, le trigramme DUI, le lac, le joyeux. Le vent souffle sur la montagne et meut la surface de l'eau. Ainsi se manifestent les effets visibles de l'invisible. L'hexagramme se compose de traits yang dans ses parties inférieure et supérieure, tandis qu'au centre il est creux, il est libre : cela indique un coeur libre de préjugés et, par suite, capable d'accueillir la vérité. Par contre chacun des trigrammes a un trait plein (yang) en son centre (donc en place "forte") : ainsi se trouve traduite la force de la vérité intérieure dans les effets qu'elle opère.


Les propriétés des trigrammes sont : en haut, la douceur, la bienveillance envers ce qu'il y a en dessous. En bas, la joie dans l'obéissance à ce qu'il y a au dessus. De telles dispositions créent la base d'une confiance réciproque qui rend le progrès possible.


Le caractère FU est en fait l'image d'une patte d'oiseau au-dessus d'un oisillon : il contient l'idée de couvaison (NB : on trouve la même chose dans le nom chinois de Daphné...) L'oeuf est creux. La vertu vivifiante du printemps lumineux doir agir de l'extérieur. Mais il est nécessaire qu'un germe de vie existe déjà à l'intérieur pour que la vie s'y éveille"


Ce texte n'est que la présentation générale de l'hexgramme par Richard Wilhelm, traducteur excellent du Zhou Yi. L'oeuf, .... ça ne vous rappelle rien ? En fait, ce texte décrit quelque chose qui nous rassemble, qui ressemble à une certaine classe, ... Avant qu'un pilier ne s'écroule, que le soleil parte se coucher vers l'ouest et que coulent des fleuves, des larmes, vers la mer de Chine, vers l'est, vers le printemps d'où nait autre chose. le piler qui s'écroule, et nous nous rapprochons, dans cette confiance confucéenne dont cet hexagramme est plein...

histoire moderne.la dynastie YUAN

le 29/10/2006 à 21h30

HISTOIRE MODERNE DE LA CHINE. LA DYNASTIE YUAN, PREMIERE PARTIE


Les Song avaient bien raison, l'avenir était sombre. Non seulement les Kitan et les Jürchen avaient conquis le nord de la Chine, mais le danger était encore plus grave : en Mongolie, maintenant dotée d'institutions modernes. Parmi elles, la Kuriltai, l'assemblée des chefs de tribus, qui nomma en 1206 un certain Temujin "khan" des mongols, c'est à dire leur chef suprème. Temujin prit le nom de "prince des mers", en mongol : Genghis Khan. Notre histoire, en france, est plutôt chauvine et ne s'intéresse qu'à notre nombril français. Quelle bêtise ! Ce Genghis Khan est un personnage qui a une importance historique bien supérieure à ce brutal tyran de Napoléon ! Genghis Khan, bien sûr, n'était pas un poète ni un philosophe. Mais il a entrepris rien moins que la conquète du monde, et nous verrons quelles conséquences cela aura sur celui-ci. Les armées mongoles vont fondre sur l'Europe, jusqu'à l'actuelle Pologne, et jusqu'au rives du danube, près de Vienne, sur les rives de la mer Adriatique. Ce phénomène est suffisamment important pour que ce sujet se divise en deux parties : la conquête chinoise et la conquête occidentale.


LA CONQUETE CHINOISE : Genghis Khan et les mongols avaient une priorité sur la Chine. Dès les premières années de son règne, Genghis Khan reprit les territoires des Kitan et des Jürchen et continua d'attaquer la Chine. Genghis Khan se montra brutal et cruel sur les chinois. En 1227, il mourut, et son fils Ogataï lui succéda et se montra plus fin et "clément" sur les populations chinoises. Enfin, un petit-fils de Genghis Khan, Kubilaï, finit par soumettre toute la Chine, en 1282. Déjà, en 1267, il pensa à installer en Chine sa capitale et nomma un moine défroqué bouddhiste, LIU Bingzhong pour mener à bien les réformes futures, et lui demanda de fonder sa future capitale, Khanbalik (en mongol : "la ville du Khan") ou DADU, la "grande capitale" en chinois. Cette ville, installée sur l'ancienne Zhongdu des Jürchen, est la future Pékin. En 1271, Kubilaï fonde la dynastie des YUAN.


Ce qui est intéressant, c'est que les peuples de la steppe n'ont qu'une idée en tête : s'installer en Chine. Ils ne font pas de la Chine une province de leur pays, mais au contraire de leur pays une province de la Chine : c'est le génie civilisateur de la Chine, ce qui explique notamment la continuité de la culture et de la langue chinoise. Genghis Khan avait demandé à un moine bouddhiste, Phags'Pa, d'inventer une nouvelle écriture pour remplacer l'écriture chinoise, en vue de leur domination sur la Chine : c'était peine perdue ! Les mongols ont vite compris que les chinois sont trop nombreux pour qu'on leur impose quoi que ce soit. La langue chinoise est inamovible ! Ce sont les mongols qui ont appris le chinois ! Cela dit, les mongols ont eu une influence déterminante sur l'avenir du chinois. Méprisant la "langue écrite" des lettrés, ils ont adopté la "langue vulgaire", langue orale du peuple chinois et l'ont donc hissée jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Depuis les Yuan, le théâtre, le roman, l'opéra chinois, n'ont plus peur de la langue "vulgaire" : la route est ouverte vers la "langue chinoise moderne", que vous apprenez ! C'est là une influence non négligeable des mongols dominateurs sur la Chine...


... Pour le reste, les mongols n'ont guère été très humanistes pour les chinois ! Les lois discriminatoires étaient odieuses : un chinois qui tue un mongol est condamné à mort, un mongol qui tue un chinois est condamné à une simple amende...!!!! Malgré les conseils des administrateurs chinois qu'ils mirent en place, adoptant le système fiscal et administratif des chinois, les mongols ont fait preuve d'une attitude de pillage systématique des ressources chinoises, comme s'ils savaient déjà que leur dynastie serait éphémère ! Ils se montrèrent brutaux et excessifs, alors qu'ils savaient se montrer d'une très grande tolérance religieuse.


De par leur invasion du monde eurasien entier, les mongols auraient pu montrer la voie d'un monde moderne où toutes les routes étaient ouvertes. Mais, après la mort de Genghis Khan, qui était un rassembleur, ses successeurs se divisèrent à nouveau, et le fantastique empire des mongols, qui s'étendit des rives de la mer de Chine jusqu'à la Méditerrannée, se divisa bien vite.


Les mongols, que rien n'arrètait, lancèrent leurs offensives jusqu'en Corée, Vietnam, Birmanie, Inde, ... sans trop de succès. Quant au Japon, ils essayèrent par deux fois de l'envahir : sans marine, ils firent appel aux amiraux et à la marine chinoise. Après leur premier échec, les mongols repartirent à l'assaut du Japon, mais pendant la traversée, une tempête disloqua la marine sino-mongole, fracassa l'avant garde sur les rives rocheuses du Japon, coula bien des navires du gros des troupes et les derniers survivants eurent bien du mal à regagner sains et saufs les rives de Chine. Cette tempête qui sauva le Japon de l'invasion mongole reçut au Japon le nom de "vent des dieux", en japonais : "Kami kaze"... Lorsque, en 1945, l'aviation japonaise décida de lancer ses avions se fracasser directement sur les navires de guerre américains par "suicide" de ses pilotes, cette opération prit le nom de "vent des dieux" (kamikaze) par référence à la tempête qui empécha les mongols d'envahir la Chine au 13°siècle : c'est là l'origine du mot kamikaze, aujourd'hui tristement célèbre, à New-York, au moyen-orient comme en Irak.


Vers le milieu du 14° siècle, les mongols, trop oppressants, ne purent contenir la vague de révoltes paysannes qui se développaient dans toute la Chine, notamment la révolte des "turbans rouges".... mais avant de renvoyer les mongols dans leurs steppes, voyons tout de même l'influence décisive de leur invasion sur l'Europe. C'est un sujet primordial qui va nous renvoyer chez nous, ... et ça n'est pas inintéressant du tout !!! Suite dans "la conquète ocidentale" :"l'invasion mongole et le tremblement de terre européen"

L'invasion mongole qui s'éntendit jusqu'en Europe orientale a bien sûr fait très peur chez nous ! Comme l'Europe de l'époque était incapable de s'unir, il n'y avait que la chrétienté qui pouvait de présenter comme fédératrice. C'est ainsi que le pape de l'époque, Innocent IV, décida d'envoyer des émissaires vers les mongols. Le premier d'entre eux, Ascelin  de Crémone se rendit jusqu'en Mongolie, en sa capitale Karakorum. Mais sa mision ne fut guère convaincante et il fut envoyé aussitôt un autre moine, un italien du nom de Johannes De Plano Carpini, plus connu en France sous son nom francisé de Jean du Plan Carpin, qui partit vers Karakorum en 1245. Il y séjourna plusieurs mois, et revint en 1247 avec un livre sur la civilisation mongole.


Sa mission était triple : d'abord, négocier la paix avec les mongols. En fait, ce n'était plus guère utile, car, après la mort de Genghis Khan en 1227, les mongols recommencèrent de se disputer entre eux et leur fantastique empire de désagrégea très vite. Deuxièmement, il était chargé de négocier une alliance avec les mongols dans le but de prendre les mulsulmans (les "infidèles") en tenaille : nous étions alors en pleines croisades ! Nous voyons qu'à cette époque lointaine, il y avait déjà des préoccupations stratégiques mondiales ! Quand à la troisième mission, elle était plus étrange : il s'agissait de localiser le fameux "royaume du prêtre Jean"... Qu'est-ce que c'est que cela ?


Au cinquième siècle de notre ère, dans l'empire romain d'Orient (Constantinople), qui était chrétien, un évêque du nom de Nestorius se fit excommunier pour avoir prétendu que la vierge Marie était la mère du Christ mais pas celle de dieu. Il s'enfuit en moyen-orient où il fonda l'église "Nestorienne". Mais celle-ci se développant, une menace de persécutions se fit très précise. Les moines nestoriens s'enfuirent. Vers le sud ? Vers l'est?... Et c'est là que naquit ce fantasme de royaume chrétien fondé par les nestoriens quelque part très loin de l'occident. Or, comme les mongols ne montraient pas d'agressivité particulière envers la religion chrétienne, on pensa alors qu'ils avaient du être influencés par des chrétiens : donc le "royaume du prêtre Jean" devait se trouver près de la Mongolie. En fait, les mongols étaient tolérants avec toutes les religions (sauf le bouddhisme, mais c'était pour des raisons politiques)Bien sûr, le fameux "royaume" n'a jamais existé. MAIS, on a découvert au 19° siècle près de Xian, une stèle datant de 781 (dynastie Tang)attestant de la présence en Chine d'une église nestorienne ! Ils s'étaient enfuis jusqu'en Chine. Cette religion y connaîtra d'ailleurs un certain succès, même auprès de certains empereurs !


Un peu plus tard, un moine belge du nom de Guillaume de Rubrouck partit aussi à Karakorum... Quelle ne fut pas sa surprise d'y rencontrer une femme du nom de Pasha, et qui était originaire de ....Metz en Lorraine ! Elle lui présenta un... parisien, Guillaume Boucher ! Bref, on voyageait plus que l'on aurait pu le croire.


A la suite des moines parlementaires, ce fut le tour des marchands de se rendre en Mongolie. Car le mérite revient aux mongols d'avoir montré à l'occident que les routes étaient ouvertes et pratiquables (et sécurisées par eux-mêmes). Parmi ces marchands, deux vénitiens, Maféo et Nicollo Polo. De retour de Karakorum, porteurs d'un message du Khan pour le pape, ils repartent en Mongolie accompagnés cette fois par le fils de Maféo, le fameux Marco Polo. Il arriva à Kahnbalik, c'est à dire Pékin, en 1275 et restera en Chine 16 ans, jusqu'en 1291. Peu après son retour, riche à millions, il fut fait prisonnier par les gênois (il avait eu la mauvaise idée d'affreter deux galères dans cette guerre entre Gênes et Venise) et est resté trois ans en prison. C'est là qu'il dicta à son compagnon de cellule, Rusticello de Pise, son fameux livre "le devisement du monde" (ou "le livre des merveilles"), dictés en français (langue d'Oïl) et qui connut un immense succès. La voie était ouverte pour la connaissance de la Chine.


Ce fut ensuite les jésuites qui partirent en Chine (Mattéo Ricci, mort en Chine en 1610) Ils apprirent le chinois et rapportaient des récits et des livres qui faisaient fureur. Louis XIV en était très friand, dit-on. Et pendant le siècle des lumières, les philosophes étaient passionnés par la Chine : cette civilisation qui tord le cou aux nobles, qui est humaniste et pourtant ne croit pas en dieu (c'était génial!), qui offre de nommer les dirigeants sur leurs compétences (concours de recrutement) et non sur leur naissance : bref, la Chine, c'était la vraie civilisation du futur !!!


Bref, la découverte de la Chine, accélérée par l'invasion mongole, allait faire très mal en occident !


comment avons nous connu la chine?

le 02/12/2006 à 16h41

...je hais les ordinateurs ! L'article que vous liez, je viens de le taper et il s'est envolé à cause d'une saleté de spam.... Je vais donc l'écrire en plusieurs parties...


COMMENT AVONS- NOUS CONNU LA CHINE? Et surtout pas "Quand avons découvert la Chine?", qui est une question à parfum européocentriste, - c'est nous qui découvrons tout grâce à la science et à notre pouvoir, d'ailleurs "découvrir" a dans ce contexte le sens de "sortir les peuples de leur obscurantisme"-. En réalité, les deux civilisations chinoise et européenne se sont rencontrées au fil des siècles.


D'abord, les romains connaissaient l'existence de la Chine, surtout les romains de l'empire (soit à partir des dernières decennies avant Jésus-christ, l'empire fut fondé par Octave-Auguste qui raffla le pouvoir après la ruine du second trimvirat installé après l'assassinat de Jules César en 44 avant JC) Qui dit Rome, dit bien sûr tout le bassin méditerrannéen, Grèce et Egypte notamment. On raconte que Cléopâtre fit fureur en apparaissant vétue de soie, forcément chinoise, aux convives d'un banquet qu'elle donnait. D'après l'historien chinois Huang Xianya (que j'ai eu en cours à Pékin en 2005), le drapé des vêtements que porte la déesse Atrhéna dans sa statue au Parthénon indique de façon certaine que le modèle du sculpteur portait également de la soie.


Car c'est bien de soie qu'il s'agit. Le mopnde romain est contemporain de la dynastie chinoise des Han (-206, +220). Cette dynastie mena une politique extérieure audacieuse et conquérante. Le problème était de règler le problème des Xiongnu, un peuple de la steppe, aujourd'hui disparu et confondu avec les huns que les romains défirent à la bataille des "champs cataloniques" près de Troyes au début de l'ère chrétienne. Les Xiongnu, très agressifs, menaçaient la Chine. Les Han entreprirent de se mettre en contact avec le peuple des "grands Yuezhi" (Dayuezhi), qui viviant loin à l'ouest de la Chine, vers l'actuel Xinjiang et l'Asie centrale, afin de s'allier avec eux et prendre les xiongnu en tenaille. Les Dayuezhi vouaient une haine féroce envers les xiongnu qui les avaient martyrisés et qui se plaisaient à boire le vin dans le crâne de leur chef décapité. Au milieu du 2° siècle avant notre ère débutèrent les aventures épiques et célèbres de ZHANG Qian, qui partit rencontrer après maintes péripéties, les Dayuezhi. Je passe sur toutes ces aventures complexes et dangereuses (de son équpage, peu revinrent...) mais retenons que ces alliances nombreuses avec les peuples de la route de l'ouest permirent l'ouverture de la fameuse "Route de la Soie" (la "Route de la soie" est un nèologisme créé au 19° siècle par un géographe allemand, Von Richthoffen).


Les marchands chinois se rendirent donc jusqu'aux marchés d'Asie centrale (la région de samarkande, par exemple, ces villes qui font rêver) Notez aussi, mais c'est un autre problème qu'on aura sûrement l'occasion d'aborder plus tard, que si les marchands chinois n'hésitent pas à faire de longs voyages, ça n'est pas seulement parce que les produits qu'ils vendent (Soie, thé, riz, laque, etc...) sont très recherchés, mais aussi parce que les marchands chinois sont mal vus dans leur propre pays, la Chine ! Arrivés dans ces marchés florissants d'Asie centrale, les marchands chinois vendaient de très grandes quantités de soie aux marchands venus de Parthie (actuel Iran) qui repartaient chez eux, vendaient une partie de la soie sur place et repartaient plus loin encore vers l'ouest, dans le bassin du Tigre et de l'Euphrate (actuel Irak) où ils rencontraient les marchands phéniciens qui achetaient la soie, repartaient chez (actuel Liban) et embarquaient la soie depuis leurs ports de Tyr, Sidon ou Byblos vers Ostie : le port de Rome. Vous imaginez le prix qu'avait atteint la soie après un si long voyage et autant d'intermédiaires ! mais les romains patriciens sont riches !... Et la fureur sur la soie allait atteindre des ommets tel que cela provoqua le déséquilibre de la balance commerciale de Rome ! L'empereur Tibère (règne de 14 à 37) dut interdire le port de la soie par les hommes (pfff.... ça commence...)afin de réduire de moitié la consommation de soie !


Mais bien sûr, les marchands ne faisaient pas que vendre des marchandises, ils rapportaient des connaissances sur les deux civilisations... (suite au prochain article avant le prochain spam)

(Suite) Les romains forgèrent un nom pour la Chine, en latin, qui reste le plus ancien nom connu de notre civilisation chérie : SERICA. Qui donna sériciculture (l'élevage du ver à soie), ainsi que Sérinde et Sérès qui signifiaient en vieux français : la Chine. Tous ces mots, comme soie, ont en commun le préfixe SE (ou S) qui vient du chinois SI (premier ton) : la soie. Quand aux chinois, ils baptisèrent l'empire romain d'un nom surprenant : le DAQIN, c'est à dire.... la "grande Chine"!!!


Apparemment, malgré cela, romains et chinois ne se rencontrèrent pas (Il n'y eut pas, comme dirait Steven Spielberg, de "rencontres du troisième type") C'est à voir .... Un texte latin du 2° siècle mentionne l'envoi par Marc-Aurèle d'un marchand romain d'orient (Syrie, Jordanie) vers  Serica. On en sait pas plus... sauf que l'on a retrouvé sur une plage du Vietnam  l'épave d'un navire de cette époque recélant des monnaies romaines frappées à l'effigie de Marc-Aurèle, d'une part, et d'autre part, un texte chinois de l'an 166 mentionne l'arrivée en Chine d'un marchand venu du "Daqin"! Un texte relatant des faits identiques est daté de 266. Des romains sont donc allés en Chine. Les chinois connaissaient Marc-Aurèle et lui avait donné un nom : ANDUN (transcription phonétique de Antonin (antonius) car Marc-Aurèle était un empereur de la dynastie des Antonins, qui succédait à celle des Césars,....Vous voyez, les romains aussi avaient leurs dynasties !)


MAIS, en 476, lorsque le germain Odoacre détruisit Rome, l'occident plongea dans le moyen-âge, qui, même s'il ne faut pas sombrer dans les clichés sur "l'obscurantisme" (au moyen-âge, les gens se lavaient, ce qui ne fut plus le cas plus tard, par exemple), reste tout de même une période de relative régression ! Alors, ...nos "rois fainéants", ni Clovis ni Charlemagne, ne songeaient plus à porter de la soie ! D'ailleurs, cela tombait bien : la Chine aussi était plongée dans son "moyen-âge" et n'exportait plus de soie.... Peu à peu... nous allions oublier l'existence de la Chine, sauf pour certains bien sûr... Et il faudra tout de même attendre le 13° siècle pour qu'un certain Genghis Khan  nous raffraîchisse brutalement la mémoire !!!! Suite au prochain numéro, à publication très prochaine (ce soir sûrement)

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