zhu lin qi xian

Troisième partie. La suite de cette rencontre Chine-occident, vous la trouverez dans l'article "L'INVASION MONGOLE ET LE TREMBLEMENT DE TERRE EUROPEEN", quelques articles plus bas.


Quant à la route de la soie, son nom est assez réducteur : c'est en effet par cette route que la soie est arrivée très tôt en Europe (dans "Astérix en Corse", deux femmes discutent chez Bonemine : l'une d'elles porte une robe en soie "de Lugdunum" (lyon). Le fait de porter de la soie en 52 avant JC en gaule n'est certes pas impossible mais le fait qu'elle soit manufacturée à Lyon est par contre un anachronisme : les fabriques de soie lyonnaises (les "canuts") sont très récentes et la fabrication européenne de la soie date de quelques siècles seulement, grâce à l'indélicatesse de deux moines qui volèrent des vers à soie en Chine et les rapportèrent en Europe) Mais cette route fut celle de bien d'autres échanges : épices, essences et parfums, fruits, légumes, artisanat, instruments de musique, techniques et même religions passèrent d'un monde à l'autre par cette voie. Car la Chine aussi a importé ce qui venait de loin !


Par exemple, ces ingrédients qui font la saveur de maints plats chinois ont été importés par l'empire du milieu : la cardamome (qui venait d'Inde, qui d'ailleurs en fait une glace délicieuse, le Kulfi, que l'on peut trouver parfois dans les restaurants indiens), la coriandre, les graines de sésame (la délicieuse huile de sésame) les fèves, l'ail, le cocombre, le gingembre. Mais aussi les encens, le santal, la myrrhe, l'aloës ainsi que médicaments, la cithare, le pipa, le bouddhisme, le yoga dont les techniques respiratoires vont être imitées et recyclées par les moines taoïstes et enfanter le Qigong (détail plaisant : les dictionnaires chinois définissent le Yoga (Yu jia, en chinois) comme "une sorte de Qigong en provenance d'Inde"!!!), le nestorianisme, le manichéisme, etc.... tout cela montre que la Chine avait bien la capacité d'importer et d'intégrer ce qui vient de l'étranger : tout ce que l'on vient d'énumérer vient d'Inde, du golfe persique, d'Europe orientale puis occidentale et même d'Afrique du Nord. Le fantasme d'une "Chine éternelle et reculée là-bas" est bien de la langue de bois d'agence de tourisme !


D'autre part, les annales historiques de la dynastie Tang mentionnent la présence sur le "marché de l'ouest" de la capitale Chang'An de marchands étrangers venant de l'ouest, de juifs etc... Il existe une bande dessinée extraordinaire "Le Moine fou" de Vink, qui raconte les aventures de He Pao (He Bao : "le trésor de la rivière"), une jeune femme de type européen qui pratique un art martial enseigné par le fameux "moine fou". Les dessins (des aquarelles) sont merveilleux, les histoires délicieusement mystérieuses et tout cela se passe en Chine sous la dynastie Tang. En réalité, He Bao est la fille de marchands italiens qui firent naufrage sur le Yang-Tsé et seule leur fille, placée comme moïse sur un panier flottant, fut sauvée et receuillie par une famille de paysans chinois (d'où son nom de "trésor de la rivière") : des marchands italiens en Chine sous la dynastie Tang ? Tout cela est très plausible !

le jeune yang

le 03/12/2006 à 15h59

Le jeune yang, première partie.


Le dessinateur Sempé avait dessiné ce qui suit : un ouvrier se rend au travail à pied et il regarde jalousement son patron qui le double en vélo. Quelque temps plus tard, ce même ouvrier se rend au travail en vélo et son patron le double en moto. Le temps passe encore, l'ouvrier s'achète une moto pour aller au travail, mais le patron s'y rend maintenant en voiture ! Finalement, après des années, l'ouvrier s'achète une voiture, mais pour se rendre au travail, il se trouve coincé dans les embouteillages, et regarde jalousement le patron qui se faufile à trvavers ceux-ci .... en vélo!


Récemment, je marchais en ville. A un carrefour, tout était bouché, un tas de voitures bloquées avec des chauffeurs nerveux et fébriles lorsqu'ils avancent de deux ou trois mètres, des feux de signalisation qui ne servent plus à rien et que personne ne regarde plus tant le traffic est congestionné. Des voitures qui forcent forcent forcent au risque de se cogner, mais après tout, ce n'est que de la tôle et on se sent bien protégé dans ces carcasses...


... et des piétons qui se faufilent, liquides, épousant les contours de ce chaos de rochers métalliques et qui progressent ainsi tranquillement vers leur destination. On s'élance à pied à travers cette brutalité contenue, si fragiles et nus, découverts, sans carapace, silencieux, et nous n'asphyxions pas le ciel, rien que notre souffle tiède rendu à l'air où nous puisons la force d'avancer. Si fragiles et pourtant que rien n'arrète, car, comme des bébés fragiles, tout le monde nous protège. Même les plus irrascibles des automobilistes freinent devant un piéton qui passe. Une vie fragile et nue, rien ne l'empêche de croître et pousser, et vient à bout de ce qui est dur. Comme l'eau d'un torrent, nous sommes abandonnés au contour des rives rigides, mais en nous notre force de croissance est incoercible.


Ainsi se manifeste notre "jeune yang", encore liquide et souple dans sa forme et si bouillant en dedans. Le jeune yang des piétons qui sont anonymes et qui rêvent peut-être de gravir le mont Everest, mais peu importe, l'automobiliste ne le sait pas : le mouvement tenace de notre jeune yang est le mystère de chacun de nous...


"Je ne sais pas qui tu es...." : c'est le mystère de l'autre qui le protège : le yang se manifeste de rfaçon imperceptible, invisible, dans le mystère. "Dans ce monde, rien n'est plus inconsistant et plus faible que l'eau. Et pourtant, l'eau attaque et emporte ce qui est dur et puissant" (Laozi 78) "Celui qui porte en lui la vertu est comme l'enfant nouveau-né : innocent, les bètes venimeuses ne le piquent pas, les fauves l'épargnent, les oiuseaux de proie ne fondent pas sur lui. Ses os sont faibles, ses muscles aussi. Et pourtant, quelle force ont ses petites mains (...) " (Laozi 55)... (A suivre)

le jeune yang (2° partie)

le 03/12/2006 à 16h23

(le jeune yang 2° partie)


Tout d'abord, je vous prie de m'excuser des fautes d'orthographe que je viens de trouver dans les articles récents : tout cela est du à mon stress devant un ordi, j'ai tellement peur de voir mes messages disparaître subitement, que dès que j'ai fini, je me dépêche de les éditer sans prendre le temps de les corriger. Notez que "trafic" prend bien un seul "f" et non deux comme en anglais ! Autre oubli : les textes de Laozi cités dans l'article précédent sont traduits par un certain Conradin Von Lauer (?). Quand au numéros qui suivent Laozi (Laozi 78, par exemple, ils corrspondent aux "chapitres" (fort courts en vérité) du fameux texte.


Le jeune yang... C'est l'Est, le printemps, c'est le lever du soleil, le matin, la jeunesse, il est vert, c'est le bois qui pousse dans la terre, invisible, avant qu'il ne se manifeste  au printemps, faible et tendre, et qui reçoit toute l'attention des humains, leur protection. Il existe une image "extrème" de cette attitude dans une religion particulière centrée essentiellement sur le nord-ouest de l'Inde, surtout dans la magnifique et "romantique" province du Rajhastan : la Jaïna (ou religion Jaïn) C'est une école de la religion hindouiste, qui édifie des temples à l'architecture étrange et complexe. Ses moines portent presque toujours un masque de coton sur la bouche, et se déplacent, même dans la rue, en balayant devant eux : ceci afin de ne pas écraser ni avaler d'insectes. Ils ne sont pas végétariens mais végétaliens, c'est à dire que à la différence des premiers, ils ne mangent ni oeufs, ni poissons, ni racines (patates, carottes,...) mais exclusivement le produit de la ceuillette : le principe est simple, il ne faut jamais tuer la vie...


Le jeune yang (shao yang, shao, c'est le shao de duoshao (combien?) et qui signifie "peu") est un yang "centré", sans excès... Il s'oppose au vieux yang (lao yang, je vous laisse deviner de quel lao (au troisième ton) il s'agit...) Il est dit dans le Livre des Mutations que le yang se développe dans le secret, qu'il est invisible et mystérieux. mais qu'en est-il d'un yang qui se manifeste vraiment ? Nous arrivons là au thème passionnant des bagua, les "huit trigrammes", que je vais développer incessamment sous peu. Le jeune yang, c'est ce qui vous ressemble : un yang qui ne va pas muter, qui est incoercible et vigoureux, c'est votre existence, votre être personnel qui se construit, et encore une fois, cela reste fondamentalement invisible ! Lorsque je vous regarde, en cours, ou à l'école, ou au restaurant, je ne vous vois pas grandir, personne ne vous voit grandir : tout se passe dedans et se manifeste de façon très lente. Votre feu intérieur, tout juste prend-il des atours vestimentaires, et arrive-t-il à faire rougir vos joues, en effleurant votre peau du dedans un court instant. Personne ne peut expliquer cela, ou alors ceux qui le feraient ne sont que des menteurs, des obsédés de la "raison raisonnante", abusés par un prétendu pouvoir infini de la "science exacte".... Nous voyons vos visages et, comme l'écrit françois Cheng, tout visage révèle une beauté intérieure, précisément celle de votre jeune yang....


Alors donc, à la fin de la dynastie mongole des Yuan, une révolte paysanne éclata : la révolte des "Turbans Rouges". Un ex-ouvrier agricole du nom de ZHU Yuanzhang s'y rallia, devint vite un général talentueux et un meneur d'hommes qui finit par se retourner contre ses alliés et finit seul, avec l'armée qui lui préta allégeance, de renvoyer les mongols dans leurs steppes : la Chine était enfin libre de l'occupant mongol. C'était en 1368, et Zhu yuanzhang fonda alors la dynastie des Ming. Il restera dans l'histoire de Chine, avec LIU Bang qui fonda la dynastie Han, le seul paysan insurgé qui devint empereur. Il fixa sa capitale dans une ville de la province de l'Anhui qu'il baptisa "Capitale du sud" par oppostion à la nordique capitale des Yuan, "khanbalik" ou "dadu" (l'actuelle Pékin), c'est à dire Nanjing, Nankin.


La dynastie Ming, on ne le savait pas encore, allait être la dernière dynastie impériale chinoise, puisqu'elle sera défaite par les mandchous, en 1644, qui fonderont la dynastie Qing, qui sera la dernière dynastie impériale (jusqu'au 12 février 1912) Pour autant, cette dynastie, très "populaire" en occident (nous verrons pourquoi dans un prochaine article) ne fut pas si honorable....


Zhu Yuanzhang prit le "nom d'ère" de Hongwu et régna 30 ans, jusqu'en 1398. Son règne fut impitoyable. D'origine modeste, il avait un complexe évident envers les lettrés et considérait souvent que telle ou telle calligraphie, qu'il lisait à peine, était une attaque déguisée contre sa personne et faisait mettre à mort avec des raffinnements de torture le calligraphe "indélicat". En 1380, il ordonna ce qu'on appelle "la grande purge" : 15 000 têtes coupées, le poste de premier ministre supprimmé (la premier ministre avec) et tous les pouvoirs (législatif, judiciaire et éxécutif) concentrés dans les seules mains de l'empereur : c'était bien là un terrible despotisme qui ne cessa jamais au cours de la dynastie Ming.


Curieusement, les Ming développèrent un humanisme idéaliste en ce qui concerne la population rurale. En fait, sous les Ming, être agriculteur (c'est à dire... chinois, tout simplement) n'était pas si détestable. Par contre, être un "apparatchik" était bien un métier à haut risques ! On mesure là toute la différence qu'il existe en chine entre le monde rural et le monde urbain : nous aurons l'occasion d'en reparler... En fait, la dynastie Ming est très riche d'enseignements sur la monde chinois !


Outre son délire totalitaire, Hongwu fut tout de même à l'origine de ce qui reste encore de nos jours la plus fantastique entreprise de reboisement de toute l'histoire de l'humanité ! Les historiens s'accordent sur un nombre d'arbres plantés, de façon très organisée et administrée sous sous le règne de cet empereur, qui se situe autour... de un MILLIARD !!! C'est sûr : les mongols avaient pillé la Chine de cette denrée qui leur faisait défaut : les arbres. ( Comme le firent les arabes en Espagne au moyen-âge : ce pays qui était à l'origine couvert de forêts, à été déboisé par les conquérants arabes... mais il ne se trouva pas de Hongwu pour les faire replanter, et d'immenses espaces espagnols sont maintenant devenus des déserts !) Toutefois, il faut faire remarquer que si les mongols avaient "rasé" la Chine, c'est dans une large mesure parce que les chinois étaient aussi des champions de la déforestation ! C'est normal : d'abord, le bassin originel de la civilisation chinoise, le cours moyen du Fleuve Jaune et le "plateau de loess", est dépourvu de véritables forêts, et lorsqu'à mesure de leur extension les chinois découvrirent de vraies forêts, ils assimilèrent celles-ci à de la "barbarie naturelle". Mais surtout, l'espace chinois manquant cruellement de surfaces cultivables (trop de montagnes) ils ont toujours rasé les forêts pour privilégier les cultures vivrières. Ceci a une conséquence plutôt agréable, sur la gastronomie chinoise....


.... un plat chinois est toujours émincé. Ce n'est pas seulement l'usage des baguettes qui nécessite cela : sinon, les carottes, par exemple, pourraient simplement être émincées en bandes de cinq centimètres sur deux. Or, c'est par sections de deux millimètres qu'on doit les émincer ! Ce soin méticuleux apporté à ce travail est justifié par une diminution très importante de la durée de la cuisson ! Parce que le combustible végétal (le bois) a régulièrement manqué en Chine du fait de la déforestation !


Planter des arbres... Hongwu avait des idées derrière la tête : bâtir une flotte maritime conséquente : c'est l'un de ses successeurs qui héritera de cette idée. En tous cas, c'est l'idée principale des Ming : il faut relever la chine, et la tâche n'est pas mince. C'est cela qui leur fera bâtir leurs plus belles choses, et en même temps les enfermera dans un conservatisme bêlant et aveugle qui conduira aux catastrophes futures.... Suite au prochain numéro.

ming (2)

le 07/01/2007 à 21h19

En 1398, le premier empereur Ming, Hongwu (Zhu Yuanzhang) est décédé. Lui succéda un de ses petits fils, Zhu Yunwen, nom d'ère : Huidi. Celui-ci ne fut pas mémorable sur le plan historique. Sa politique consista essentiellement à placer aux meilleurs postes du pouvoir les membres de se lignée familiale directe et d'en écarter les autres. Toutefois, il essaya de rendre le pouvoir au gouvernement civil, ce qui fut une décision plutôt humaniste qui allait à l'encontre de la tendance totalitaire initiée par son grand-père. Et c'était sans compter sans le troisième fils de Zhu Yuanzhang, Zhu Di, prince de Yan (la future Pékin) : En 1401, celui-ci organisa un coup d'état qui fut un succès, -Zhu yunwen, Huidi, disparut sans laisser de traces-, mais dans les provinces, les gouverneurs se soulevèrent contre Zhu Di. En 1403, ceux-ci furent réduits au silence et Zhu Di prit le nom d'empereur de Yongle (la joie éternelle), 3° empereur des Ming.


Son règne fut brillant, même s'il était comme son père, militariste, autoritaire et réactionnaire. Fut-il celui qui ordonna la construction de la muraille de Chine ? C'est ce qu'on peut lire ici ou là, mais on peut lire le contraire ailleurs. Nous voilà propres ! Quoiqu'il en soit, le problème de la muraille est très complexe ! D'abord, les premières murailles de Chine datent du 8° siècle avant JC ! La première vraie grande muraille, protégeant (en principe) le pays contre les attaques de Nord fut l'oeuvre de Qin Shi Huangdi, au 3° siècle avant JC. Les Han bâtirent la leur, etc.... Toutes ces anciennes murailles étaient en terre battue, armée le cas échéant de pierres et de bois.


Yongle ordonna la construction de ce qu'on appelle les "Tombeaux des Ming" : à la fin de la dynastie, 13 des 16 empereurs de cette dynastie y étaient enterrés. On peut les visiter aujourd'hui, c'est même un grand classique touristique. L'ensemble est situé dans une vallée au nord-ouest de Pékin, pour des raisons géomantiques. Si l'on continue plus loin, vers le fond de la vallée, on passe un col, et au bout d'une quinzaine de kilomètres on arrive au village de Huanghuacheng ("le mur aux fleurs jaunes") : au sortir du village, en tournant à gauche, vers le nord, on arrive au défilé étroit où un petit barrage retient un lac modeste dans lequel se mire la Muraille de Chine. C'est la passe de Huanghuacheng, la plus proche de Pékin, et la plus belle selon mon goût. Aujourd'hui, cette passe a été restaurée, elle est exploitée économiquement, et très sévèrement surveillée (selon le journal que j'ai lu en 2005 : 16 vigiles se relaient 24/24 quatre à quatre par services de 6 heures, avec caméras infra-rouges, vidéos etc... pour empêcher le touriste d'y passer une nuit enchanteresse... comme je le fit moi-même en 1999 et en 2004.)


Cette passe fait partie de l'ensemble de la muraille de Mutianyu dont la construction fut, comme le confirment les spécialistes, ordonnée par Yongle, pour une raison bien évidente : protéger, ne serait-ce que symboliquement, les tombeaux des Ming. En dehors de ce tronçon de quelque 20 ou 25 kilomètres, il est douteux que Yongle ordonna la construction des autres tronçons. En fait, l'édification de la muraille fut bien l'oeuvre des Ming, mais plus tardivement : aux 16° et 17° siècles. Les Ming, dans le cadre de leur politique réactionnaire et frileuse qui isole le Chine, ont fini par interdire le commerce avec l'étranger : forcément, les peuples du nord, les Mongols essentiellement, se sont montrés très agressifs (leur chef Esen Khan réussit même à faire prisonnier l'un des empereurs Ming pendant plusieurs années) et la muraille fut construite d'Ouest en Est au fur et à mesure du déplacement des attaques mongoles : la muraille signifie bien le retour à une politique primaire de défense de la part des Ming.


Quoiqu'il en soit, l'idée de Yongle était bien plus subtile qu'un vulgaire (et coûteux) mur de pierre. La capitale des Ming se trouvait, comme l'avait décidé Zhu Yuanzhang, à Nankin. Yongle, qui était tout sauf un imbécile, savait que puisqu'ils avaient occupé la Chine pendant un siècle, les mongols svaiant très bien que les chinois méprisaient la Plaine du nord, cette zone reculée qui borde les monts Yan, qui sentent la steppe, les anciennes murailles, un climat affreux, les expéditions lointaines, l'exil, la solitude et la mort. Et Yongle savait que ceci constituait une erreur stratégique dangereuse : les mongols pourraient revendiquer cette zone, puisu'elle semble si méprisée ! Notez que les capitales de Chine, non seulement ont toujours été éloignée de cette plaine de nord, mais en plus, ...elles s'en éloignaient de plus en plus. C'est alors que Yongle décida d'en faire une zone ultra-sensible sur le plan stratégique,... il y transféra la capitale. Il poussa le vice jusqu'à s'installer dans l'ancienne Khanbalik (Dadu) de mongols (qui se nommait depuis 1368, date de l'avènement des Ming Beiping, "la paix du nord"), pour bien leur montrer que les chinois étaient bien ici chez eux. Il lui donna le nom de "capitale du nord", Beijing, c'est à dire Pékin ! C'est donc à Yongle que l'on doit ce nom de Pékin, et ce choix de capitale qui est historiquement de première importance. En effet, si l'on écarte la période qui va de 1928 à 1949, où la capitale sera fixée enore une fois à Nankin, puis à Chongqing à partir de 1937 à cause de l'invasion japonaise, Pékin restera toujours la capitale de Chine ! Cette ville que tout le monde méprisait et méprisa encore pendant longtemps : aujourd'hui encore, pour les Shanghaïens, elle n'est que la "poussiéreuse cité mongole"...


Suite au prochain numéro, Ming 3... Et après le récit en plusieurs épisodes d'une .... anecdote, comme vous les aimez !

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation